Le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié le 27 juillet 2026 un calendrier prévoyant le 13 décembre 2026 comme date du premier tour de la présidentielle, des législatives et de la ratification populaire des réformes constitutionnelles. Cette annonce a relancé le débat sur la capacité du pays à organiser des scrutins dans les conditions actuelles.
Inquiétudes des partis et de la société civile
Le parti Les Engagés pour le Développement (EDE) a adressé, le 2 août 2026, une lettre au Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé, estimant que le calendrier fixé est « difficilement réalisable » compte tenu de l’insécurité persistante, des contraintes logistiques et du manque de ressources financières. EDE ne conteste pas le principe du suffrage universel, mais exige des garanties de transparence, d’inclusion et de sécurité. Le parti propose une concertation nationale réunissant gouvernement, CEP, forces politiques, organisations de la société civile et autres parties prenantes afin d’établir un échéancier réaliste.
L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a également exprimé ses réserves, soulignant que les conditions sécuritaires et politiques ne permettent pas encore d’assurer des élections libres et crédibles, et redoutant une légitimité fragile face à l’influence des groupes armés. Défenseurs Plus partage cette position, rappelant que la participation citoyenne effective reste compromise tant que la sécurité n’est pas garantie.
Position de la communauté internationale
Les partenaires internationaux soutiennent le processus électoral, mais insistent sur la nécessité d’un climat sécuritaire acceptable. Lors d’une audience devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 20 juillet 2026, le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Carlos Gabriel Ruiz‑Massieu Aguirre, a appelé à un calendrier « crédible et réaliste » et à un déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG). Les États‑Unis, par la voix de Henry Wooster, ont mis en avant le programme « P4000 » de formation policière et la reprise de la coopération avec les Forces armées d’Haïti comme leviers pour améliorer la sécurité.
Le CEP reconnaît lui‑même que le respect des échéances dépend de l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable et de la disponibilité des ressources financières nécessaires. Les données humanitaires illustrent l’ampleur du défi : entre mars et juin 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a recensé 185 incidents sécuritaires et humanitaires, contre 91 lors de la période précédente, et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estimait à 1,47 million le nombre de personnes déplacées internes en mai 2026.
Les inscriptions des électeurs, lancées le 20 juillet 2026 dans neuf départements, se poursuivent progressivement malgré les contraintes sécuritaires dans la région métropolitaine de Port‑au‑Prince. Le débat s’est ainsi déplacé de la simple nécessité d’organiser des élections vers la question cruciale des conditions qui permettront d’en garantir la crédibilité et l’acceptation.
Source : AlterPresse
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