Le quartier du Canapé-Vert, souvent perçu comme un bastion de résistance à la terreur imposée par la coalition de gangs Viv Ansanm, semble glisser vers des dérives inquiétantes. Mercredi, lors d'une manifestation contre l'insécurité, plusieurs journalistes ont été violemment agressés par des manifestants du quartier. Leur seul tort : être venus couvrir l'événement.
Parmi les victimes de cette agression, le jeune journaliste lyonnais Peter Biamby a été violemment frappé. Son sort aurait pu être bien plus tragique si la police n'était pas intervenue à temps. Selon des collègues présents sur place, certains manifestants ont clairement exprimé leur rejet de la presse, déclarant qu'ils ne voulaient pas de journalistes dans leur mobilisation.
Cette hostilité à l'égard des médias est très préoccupante. La résistance à l'insécurité ne peut en aucun cas justifier des actes de violence à l'encontre de ceux qui, chaque jour, risquent leur vie pour informer la population. Alors qu'Haïti traverse une crise sécuritaire sans précédent, s'attaquer aux journalistes revient à affaiblir davantage l'un des derniers remparts contre l'opacité et l'arbitraire.
Nous devons condamner fermement cette attaque. La lutte pour un pays sans gangs ne doit pas devenir le prétexte à une nouvelle forme de terreur.