Le 9 octobre 2026, le gouvernement haïtien a annoncé le décès de Massillon Jean, agent exécutif intérimaire de la commune de Kenscoff, située dans les hauteurs à l’est de Port‑au‑Prince. Selon les autorités, le responsable municipal aurait subi un malaise sans bénéficier d’une prise en charge médicale immédiate.
Sa disparition intervient alors que Kenscoff endure une vague de violences engendrée par des groupes armés depuis janvier 2025. Les premiers assauts, signalés à la fin de ce mois, ont entraîné des pillages, des incendies et des déplacements massifs de populations. Un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) publié en avril 2025 indiquait au moins 262 morts et 66 blessés entre le 27 janvier et le 27 mars.
Tout au long de la crise, Massillon Jean a multiplié les requêtes auprès du pouvoir central, réclamant davantage de policiers, des véhicules blindés et des moyens aériens pour accéder aux zones difficiles. Il a également souligné la nécessité d’une meilleure coordination entre les forces de sécurité et les brigades locales d’autodéfense.
Opérations de la Police nationale d’Haïti
Quelques jours avant son décès, le maire avait salué les avancées de la Police nationale d’Haïti (PNH), qui avait repris le contrôle de plusieurs quartiers autrefois occupés par les gangs, dont Viard 1 et 2, Terre‑Rouge, Godet, Dépensé, Bois‑d’Avril, Morne Zombie, Nan Croupi et Belot. Malgré ces succès ponctuels, les attaques se sont intensifiées, notamment en juillet 2026, avec des violences à Téléco, Le Refuge, Viard et Obléon.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé le 9 juillet 2026 que 5 840 personnes, soit 1 836 ménages, étaient déplacées à la suite des affrontements du 4 au 8 juillet. En août, la coalition de gangs « Viv Ansanm » a perpétré un nouveau massacre la nuit du 23 au 24, faisant 71 enlèvements et incendiant de nombreux habitations.
Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), dans son rapport du 16 septembre 2026, a recensé 164 décès et plusieurs dizaines de disparus lors des violences de juillet‑août, ainsi que 23 blessés. Le même document pointe du doigt la réduction des effectifs policiers et le retrait de certaines unités comme des facteurs aggravant la situation.
La mort de Massillon Jean laisse Kenscoff sans son principal porte‑voix dans une période où la population reste en quête d’une sécurité durable et d’une réponse étatique efficace.
Source : AlterPresse
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