Le monde de la peinture haïtienne pleure la perte de Pierre‑Sylvain Augustin, plus connu sous le sobriquet de « Payas ». Il s’est éteint dans la nuit du 23 au 24 octobre 2026, à l’âge de 84 ans.
Né le 12 décembre 1941 à Divette, près de Pétion‑Ville, il a d’abord exercé les métiers de cultivateur puis de maçon. Ce n’est qu’en 1992, suite à sa rencontre avec Prospère Pierre‑Louis, l’un des piliers du mouvement Saint‑Soleil, qu’il découvre la peinture. La mort de cet ami en 1996 bouleverse profondément son existence et le pousse à se consacrer pleinement à l’art, en autodidacte.
Animé par une foi profonde, Payas développe un univers visuel où la spiritualité et les expériences de la vie quotidienne se mêlent. En 1997, il présente ses premières toiles à Tiga, fondateur du Saint‑Soleil, qui l’encourage à participer au festival de Soisson‑la‑Montagne. Cette invitation ouvre la voie à de nombreuses expositions consacrées au mouvement, dont plusieurs dans les années 2000, où il contribue activement à son renouveau.
Parcours d’exposition
Jusqu’en 2024, Payas est un habitué d’Artisanat en fête, événement culturel majeur à Port‑au‑Prince. Des problèmes de santé l’obligent à se retirer de cette scène l’année suivante. En janvier 2022, il propose une exposition individuelle dans le cadre du Printemps de l’art, intitulée « Payas : on kè plizyè nan m », qui met en avant son approche intime du pinceau et de la couleur.
Sa disparition laisse un vide dans le paysage artistique haïtien. Au fil des décennies, il a transformé une vocation tardive en un héritage riche, faisant de la peinture un langage personnel imprégné de spiritualité. Ses œuvres continuent d’inspirer les jeunes artistes qui s’inscrivent aujourd’hui dans la lignée du Saint‑Soleil.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info