Jeudi soir, sous une pluie battante, l’aéroport du Cap‑Haïtien a accueilli 98 ressortissants haïtiens expulsés des États‑Unis. Le vol Global X 6122, parti d’Alexandria, Louisiane, à 7 h 34, devait atterrir à 12 h 22, mais des retards inexpliqués ont repoussé le décollage de l’aérodrome d’Opa‑Locka à 17 h 10. L’avion a finalement posé à 19 h 05, bien après la fermeture des bureaux gouvernementaux haïtiens.
Les passagers, enchaînés pendant plus de treize heures, ont été livrés aux autorités locales alors que celles‑ci s’attendaient à recevoir 71 personnes. Le dépassement de 27 personnes a été constaté à l’arrivée, portant le total à 98 détenus.
Contexte des expulsions
Cette opération s’inscrit dans la vague d’expulsions déclenchée par Washington depuis la fin du Statut de protection temporaire (TPS) le 27 juillet 2026, qui couvrait plus de 300 000 Haïtiens. Depuis la révocation du TPS, plusieurs vols de déportation ont été effectués, notamment les 27 août, 20 août et le 3 septembre 2026.
Parmi les personnes expulsées figure Renan Hédouville, avocat et ancien Protecteur du citoyen en Haïti. La communauté haïtienne et plusieurs parlementaires américains ont dénoncé ces mesures comme « déshumanisantes ». Les membres du House Haiti Caucus, Ayanna Pressley et Yvette Clarke, ont appelé le Sénat à restaurer le TPS sans délai.
Le projet de loi H.R. 1689, adopté en avril 2026 par la Chambre des représentants avec un soutien bipartisan, attend d’être inscrit à l’ordre du jour du Sénat dès la reprise de la session en septembre 2026. Ce texte vise à redésigner Haïti pour le TPS afin de protéger à nouveau les plus de 300 000 ressortissants concernés.
Source : AlterPresse
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