Des groupes armés ont installé leur contrôle sur le marché Salomon et les environs, au cœur du centre‑ville de Port‑au‑Prince, transformant le lieu en une zone de séquestration. Selon des témoignages recueillis par AlterPresse, plusieurs familles sont aujourd’hui retenues en otage. Une mère, enlevée avec ses enfants, aurait été obligée de faire les courses et de préparer les repas pour les membres du gang, sous la menace explicite d’une exécution de ses enfants en cas de refus.
Cette situation ne serait pas isolée. D’autres foyers décrits par la même source subiraient des pressions similaires, les ravisseurs imposant des tâches domestiques et des services de proximité, tout en gardant la menace d’une violence accrue contre les proches comme levier de soumission.
Réactions et appels à l’action
Face à ces faits, la source locale lance un appel pressant aux autorités haïtiennes pour organiser une opération de grande envergure visant à libérer les otages et à évacuer les gangs du secteur. Les forces de l’ordre, soutenues par la Force de répression des gangs (FRG) et une task‑force dédiée, ont mené plusieurs interventions entre janvier et février 2026. Ces opérations ont permis la saisie d’armes de gros calibre et de chargeurs, mais n’ont pas éliminé la présence des groupes armés qui continuent de s’abriter dans les habitations du marché Salomon.
Le contexte sécuritaire reste critique. Entre juillet et début octobre 2026, le rapport du Secrétaire général des Nations unies indique 1 123 morts et 440 blessés liés aux violences gangstériennes. Depuis 2023, ces affrontements ont provoqué le déplacement interne de 1,5 million de personnes, dont la moitié sont des enfants.
Le maintien de l’emprise des gangs sur certains quartiers de la capitale, malgré les opérations répétées, souligne l’urgence d’une réponse coordonnée et soutenue pour rétablir la sécurité et protéger les civils, notamment les femmes et les enfants victimes de ces pratiques d’esclavage moderne.
Source : AlterPresse
AlterPresse