Dans une lettre adressée au Conseil électoral provisoire (CEP) et transmise à la presse le 19 août, trois mouvements politiques haïtiens – le Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin kan pèp la), l’Alternative socialiste (Aso) et l’Effò ak solidarite pou konstwi yon altènativ nasyonal popilè (Eskanp) – ont exprimé leurs inquiétudes quant à la tenue des élections prévues le 13 décembre 2026.
Des conditions jugées insuffisantes
Les signataires soulignent que, à moins de quatre mois du scrutin, les groupes armés continuent de dominer de vastes portions du territoire, y compris des zones à forte densité électorale. Cette emprise, selon elles, compromet la capacité des autorités à assurer la sécurité des bureaux de vote, la libre circulation des électeurs et le respect du processus démocratique.
Les organisations insistent qu’elles ne s’opposent pas à l’organisation d’élections, mais qu’elles estiment indispensables des garanties concrètes – notamment le rétablissement de l’ordre public et la mise en place de mécanismes de protection – pour que le résultat soit perçu comme légitime par la population.
Appel à un calendrier réaliste
Le texte propose au CEP de réexaminer le calendrier électoral afin d’accorder davantage de temps aux forces de l’ordre pour neutraliser les menaces des gangs et aux instances électorales pour préparer les infrastructures nécessaires. Les signataires évoquent également la nécessité d’un dialogue inclusif avec les différents acteurs de la société civile afin de renforcer la confiance dans le processus.
Cette prise de position intervient dans un contexte où la violence des groupes armés a déjà conduit à la suspension de services humanitaires, comme le retrait récent de Médecins Sans Frontières de l’hôpital de Chancerelles, et où les défis sécuritaires restent l’un des principaux obstacles à la stabilisation du pays.
Source : AlterPresse
AlterPresse