Dans une vidéo de dix minutes diffusée dans la nuit du mardi 25 mars, l'ancien chef de la sécurité du palais présidentiel, Dimitri Hérard, s'est adressé directement au peuple haïtien. Il dénonce les sanctions récemment imposées par le Canada, qu'il considère comme une distraction visant à détourner l'attention de ses accusations contre certains acteurs étrangers impliqués, selon lui, dans l'assassinat du président Jovenel Moïse. "Il ne s'agit pas de moi, il s'agit de maintenir le peuple haïtien dans l'ignorance", a-t-il affirmé.
Se décrivant comme un fils du Canapé-Vert, élevé par deux fonctionnaires qui lui ont inculqué la discipline et le patriotisme, M. Hérard a insisté sur le fait que son engagement militaire était une vocation et non un accident. Il a accusé les autorités canadiennes de tenter de faire taire les voix nationalistes et a souligné l'influence des compagnies minières étrangères en Haïti. Selon lui, les intérêts internationaux dans le pays sont dictés par le profit plutôt que par le désir de rétablir la paix.
M. Hérard a également critiqué la structure actuelle du Conseil de transition, qualifiant le modèle de gouvernance "neuf présidents, neuf cortèges" d'embarras mondial. Il a établi un parallèle entre la situation en Haïti et les récentes révoltes au Mali, au Burkina Faso et au Niger, où les populations ont rejeté les régimes soutenus par l'étranger. Il a exhorté les Haïtiens à retrouver cet esprit révolutionnaire et à conduire un véritable changement de l'intérieur.
Fermement déterminé, M. Hérard a déclaré qu'il ne reculerait pas devant les pressions et qu'il était prêt à servir Haïti selon la volonté du peuple. Il a conclu son message en appelant à un réveil patriotique, rappelant que les ancêtres de la nation haïtienne n'avaient pas attendu une aide extérieure pour conquérir leur liberté. "Ils se sont levés, ensemble. Et nous pouvons le faire à nouveau", a-t-il déclaré.