Les travaux de Leslie Péan, économiste et essayiste, placent l’économie haïtienne au cœur d’enjeux politiques et de souveraineté. Au lieu de se cantonner aux indicateurs de croissance ou d’inflation, il examine les structures héritées de l’histoire coloniale qui maintiennent le pays dans une position de dépendance vis‑à‑vis des flux extérieurs.
Monnaie et déséquilibres structurels
La dépréciation de la gourde et la dollarisation croissante sont présentées comme des symptômes d’une production nationale insuffisante. Selon Péan, ces difficultés monétaires ne relèvent pas uniquement de la gestion technique, mais traduisent une faiblesse profonde des capacités productives et une exposition aux exigences des institutions financières internationales.
Impact de la mondialisation et de la dette
Dans un contexte de mondialisation, Haïti se trouve confronté à des asymétries économiques majeures. Les mécanismes de la dette et les exigences des bailleurs de fonds limitent la marge de manœuvre de l’État, rendant difficile l’élaboration de politiques publiques autonomes. Péan souligne que les investissements étrangers, bien qu’importants, ne suffisent pas à créer un modèle de développement endogène.
Rôle de la diaspora
Les transferts de la diaspora haïtienne constituent une source de revenu stable pour de nombreuses familles. Toutefois, l’auteur rappelle que ces flux, malgré leur importance, ne remplacent pas une stratégie nationale visant à stimuler la production locale, l’investissement et la création d’emplois.
En replaçant les débats monétaires et financiers dans une perspective plus large de gouvernance et de démocratie, Péan montre que chaque décision économique implique un choix collectif. Il invite à envisager l’économie comme un levier de transformation sociale, capable de renforcer l’autonomie du pays si les politiques publiques sont alignées sur un projet de souveraineté partagé.
Source : AlterPresse
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