mardi 29 septembre 2026

Élections haïtiennes 2026 : progrès logistiques confrontés à des enjeux de sécurité et de transparence

Le Conseil électoral provisoire avance dans l’organisation des scrutins de décembre, mais des accusations d’usurpation d’identité et la violence des gangs menacent la crédibilité du processus.

Élections haïtiennes 2026 : progrès logistiques confrontés à des enjeux de sécurité et de transparence
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Le Conseil électoral provisoire (CEP) a indiqué que les préparatifs pour les élections générales du 13 décembre 2026 progressent, avec plus de 600 000 électeurs inscrits et un réseau de 1 285 centres d’inscription et de vote répartis sur tout le territoire. Malgré ces avancées, le processus reste fragile, notamment à cause de plaintes de plusieurs formations politiques concernant l’usage présumé de données personnelles lors de l’inscription des 30 000 membres exigés par parti ou groupement.

Inscription des partis et des candidats

Trente structures politiques agréées, dont 18 partis et 12 groupements, ont déjà soumis leurs listes de membres. La plateforme d’inscription recense sept candidatures à la présidence, 162 au Sénat et 419 à la députation. L’enregistrement en ligne, lancé le 20 août, se poursuit jusqu’au 9 octobre.

Accusations d’usurpation d’identité

Neuf responsables politiques, représentés par leurs avocats, ont demandé au CEP de révéler, sous trois jours, les noms des partis ou dirigeants ayant utilisé leurs informations personnelles (nom, prénom, numéro d’identification nationale). Un procès‑verbal du 11 septembre, établi par un juge de paix de Pétionville, mentionne l’utilisation de ces données par des tiers non identifiés. En l’absence de réponse, les plaignants menacent de porter plainte pour usurpation d’identité, faux et usage de faux, ainsi que pour abus d’autorité.

Propositions de réforme du processus

Le Forum des neuf groupements politiques agréés a suggéré de remplacer l’exigence de 30 000 membres par un parrainage nominatif de 5 000 électeurs. Il réclame également une rencontre entre le CEP, le pouvoir exécutif et les acteurs politiques afin de réviser le décret électoral, le calendrier, l’inscription des électeurs et la représentativité des listes.

Des organisations de défense des droits humains demandent la publication intégrale des listes d’adhérents, un audit financier du CEP sur les deux dernières années et une évaluation indépendante du personnel chargé des opérations électorales et juridiques, afin de garantir la neutralité du scrutin.

Parallèlement, le contexte sécuritaire demeure préoccupant. Les violences des gangs, notamment les massacres de Kenscoff qui ont fait 164 morts en juillet‑août 2026, compliquent l’accès aux centres de vote dans plusieurs zones. Le CEP signale que les départements du Sud‑Est, de la Grand’Anse et des Nippes affichent les meilleurs taux d’inscription, mais la crainte d’une « catastrophe électorale » persiste tant que la protection des électeurs ne sera pas assurée.


Source : AlterPresse
AlterPresse