Une organisation de défense des droits humains du Nord-Est haïtien a publié une note de plainte détaillant le parcours d'une fillette de 13 ans, originaire d'Haïti, qui aurait été arrêtée, détenue puis expulsée depuis la République dominicaine sans que les procédures de protection de l'enfance soient appliquées.
Déroulement des faits
Selon le témoignage du père, Jean‑Richard Cadeau, une dispute avec des voisins au sujet de la fumée de cigarette le 31 juillet 2026 aurait conduit à une intervention policière. Au lieu d’une simple assistance, les autorités auraient placé le père et sa fille en garde à vue, les transférant successivement dans les centres de détention de Higüey et Haina. Au cours de ces transferts, la fillette aurait été séparée de son père.
Le 2 août, le père aurait été conduit à la frontière pour être renvoyé en Haïti, tandis que l’on aurait indiqué que sa fille serait expulsée séparément, parmi un groupe de femmes. Après plusieurs jours de recherche, le père a appris que la fillette se trouvait à Elías Piña, où elle aurait été retrouvée en état de détresse, accompagnée d’un conducteur de moto‑taxi jusqu’à Ouanaminthe, soit plus de 170 km de route.
Allégations de violences et de traitements inhumains
Une fois de retour, la fillette aurait déclaré avoir subi des violences sexuelles, physiques et psychologiques, ainsi que des privations de nourriture et d’eau pendant plusieurs jours. Des sources médicales évoquent également la contrainte exercée sur la mineure pour qu’elle signe un document attestant d’un âge de majorité, alors qu’elle a clairement indiqué n’avoir que 13 ans.
L’organisation réclame une enquête indépendante afin de clarifier qui a ordonné les arrestations, les transferts, la séparation de la famille et les expulsions, ainsi que les éventuelles violations des obligations prévues par la Convention relative aux droits de l’enfant et les législations nationales dominicaines en matière de protection de l’enfance.
Enjeux juridiques et appels à l’action
Les faits avancés soulèvent des questions de non‑refoulement, de discrimination raciale et de respect du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. La Plateforme genre du Nord-Est demande que les autorités dominicaines identifient les agents impliqués, fournissent les registres des centres de détention, garantissent la préservation des preuves médicales et assurent la protection immédiate de la fillette contre toute nouvelle revictimisation.
Source : AlterPresse
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