Un séjour de vingt‑une journées, partagé entre la capitale et le nord du pays, a permis de constater que la violence ne définit pas l’ensemble du quotidien haïtien. Les déplacements ont d’abord traversé la République dominicaine, où les routes et les transports publics sont largement accessibles, avant d’atteindre les États‑Unis. Cette première étape a offert un contraste frappant avec les conditions observées en Haïti.
Insécurité et réponses des forces de l’ordre
Dans la périphérie de Port‑au‑Prince, la police a mené des opérations à Kenscoff et à Tabarre, tandis que l’armée, soutenue par la Force de Réaction Globale (FRG), poursuivait un individu recherché. Des enlèvements récents à Delmas illustrent la recrudescence des kidnappings, rappelant la précarité sécuritaire qui pèse sur la population.
Les déplacements en voiture blindée, en tap‑tap ou à moto ont montré les limites de chaque moyen : le blindage ne protège pas du regard des passants, le tap‑tap reste inconfortable et la moto exige une maîtrise impressionnante des ruelles étroites.
Résilience économique et entrepreneuriat
Malgré les difficultés, les jeunes créent des entreprises. Selon le témoignage d’une serveuse du quartier de Delmas, les jeunes entrepreneurs représentent 35 % des propriétaires de petites et moyennes entreprises, souvent issus de milieux modestes et soutenus par des réseaux de la diaspora.
Les marchés locaux, véritable pouls de la ville, restent le lieu d’échanges le plus vivant : fruits, riz, viandes exposés au soleil, négociations animées. Ces espaces montrent que la vie économique continue de battre, même en dehors des supermarchés climatisés.
Culture, sport et solidarité
Les activités culturelles et sportives, souvent subventionnées par des ONG, attirent de larges foules grâce à des tarifs abordables. Conférences, foires du livre et spectacles se tiennent dans les salles d’hôtels, générant des revenus ponctuels dans un contexte touristique difficile.
Le récit souligne également le poids des traumatismes non exprimés, comme les violences domestiques, qui restent largement tus mais perceptibles dans le ton des conversations.
En définitive, ce voyage montre une Haïti où l’insécurité coexiste avec une énergie collective qui cherche à reconstruire, à travers l’entrepreneuriat, la culture et la solidarité.
Source : AlterPresse
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