Lors de la 17e Conférence des Parties (COP17) à Erevan, la délégation haïtienne a mis en avant une estimation du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) indiquant que la mise en œuvre de la Stratégie nationale de biodiversité requiert 827,3 millions de dollars entre 2026 et 2030. Cette somme couvre la protection des écosystèmes, la restauration des milieux naturels et l’utilisation durable des ressources biologiques.
Un plan déjà structuré, mais des ressources manquantes
Haïti dispose d’une Stratégie et d’un Plan d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) articulés autour de cinq axes et de 29 cibles, ainsi qu’un Plan de financement visant à identifier les besoins et à diversifier les sources de financement. Malgré ces cadres, le pays ne possède pas encore les moyens financiers nécessaires pour concrétiser ses ambitions.
Appel à des mécanismes de financement plus accessibles
Emmanuel Jean‑Philippe, directeur général du ministère de l’Environnement, a souligné les difficultés rencontrées par les pays à faibles capacités pour accéder aux fonds internationaux. Il a demandé la mise en place de procédures moins contraignantes, des délais d’approbation raccourcis et un accompagnement technique adapté aux réalités locales.
Le représentant haïtien a également insisté sur l’importance d’associer les communautés, les entreprises et la société civile aux projets de conservation, estimant que les investissements seuls ne suffiront pas sans un changement de comportement et une sensibilisation accrue, notamment auprès des jeunes.
Vers une coopération scientifique et juridique renforcée
Haïti a exprimé son intérêt pour rejoindre le Protocole de Cartagena et le Protocole de Nagoya, afin de renforcer son cadre juridique en matière de biotechnologies et d’accès aux ressources génétiques. Le pays prévoit d’intégrer ces instruments dans sa législation environnementale, soutenu par des partenariats régionaux et le transfert de technologies.
La biodiversité haïtienne, riche en espèces endémiques, reste menacée. La capacité du pays à mobiliser les 827,3 M$ estimés dépendra de la réussite de ses démarches auprès des bailleurs de fonds et de l’efficacité de la mise en œuvre des institutions dédiées à la protection de l’environnement.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info