À l’occasion de la Journée internationale des filles, l’UNICEF et l’Institut du Bien‑Être social et de Recherches (IBESR) ont organisé une rencontre à Port‑au‑Prince, réunissant une cinquantaine de jeunes filles autour du thème « Investir dans les droits des filles, c’est investir dans leur avenir ». L’événement, appuyé par le gouvernement norvégien et d’autres partenaires, a permis d’aborder quatre axes majeurs : éducation, santé, protection contre les violences et participation aux décisions.
Contexte sécuritaire et déplacements forcés
La situation sécuritaire continue de se détériorer dans plusieurs régions d’Haïti. Selon le suivi de l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 1,45 million de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays en décembre 2025, un chiffre confirmé par l’UNICEF qui estime le total à environ 1,5 million, dont près de la moitié sont des enfants. Ces déplacements exposent les filles à un risque accru de violences sexuelles, d’exploitation et d’abus, notamment dans les zones contrôlées par des groupes armés ou dans les sites d’hébergement où l’accès aux services de protection reste limité.
Violences sexuelles en hausse
L’UNICEF signale une augmentation de 1 000 % des cas de violences sexuelles contre les enfants en 2024 par rapport à l’année précédente. Cette flambée reflète la vulnérabilité grandissante des jeunes, surtout des filles, qui se retrouvent souvent sans protection adéquate dans les zones de conflit.
Impact sur l’éducation
Le climat d’insécurité a également entraîné la fermeture de plus de 1 600 établissements scolaires durant l’année scolaire 2024‑2025, affectant plus de 240 000 élèves. Si les chiffres ne distinguent pas les sexes, les filles déplacées ou vivant dans les zones touchées subissent des interruptions de scolarité, des difficultés financières et un accès restreint aux soins de santé, compromettant leurs perspectives d’avenir.
Les échanges menés lors de la réunion ont souligné la nécessité de garantir la continuité pédagogique, d’assurer un suivi sanitaire adapté et de renforcer la participation des filles aux processus décisionnels qui les concernent. Les organisateurs insistent sur le fait que la sensibilisation doit s’accompagner de mesures concrètes et durables pour protéger les droits fondamentaux des filles haïtiennes.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info