Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport le 21 septembre 2026 appelant le gouvernement américain à suspendre sans délai toutes les expulsions de ressortissants haïtiens vers Haïti. L’organisation souligne que, depuis la suppression du statut de protection temporaire (TPS) le 27 juillet 2026, plus de 450 personnes ont été renvoyées, selon l’Office national de la migration (ONM).
Les expulsés, dont beaucoup résident aux États‑Unis depuis plusieurs années, se retrouvent séparés de leurs proches citoyens américains ou en attente de décisions sur leurs demandes d’asile. HRW indique qu’ils reçoivent « peu ou pas de soutien » à leur arrivée, alors que les autorités haïtiennes peinent à assurer leur protection. Les responsables haïtiens ont signalé un manque de financement, de personnel et de cadres politiques pour accueillir ces personnes en toute sécurité.
Violence et insécurité persistantes en Haïti
Le contexte haïtien aggrave le danger. Les Nations Unies estiment qu’entre janvier 2023 et juin 2026, au moins 19 380 personnes ont été tuées dans des violences impliquant groupes criminels, milices d’autodéfense et forces de sécurité. Le nombre de décès annuels a augmenté de 24 % entre 2023 et 2025, et les premiers mois de 2026 ont déjà enregistré plus de 3 000 morts. Malgré le déploiement partiel, en avril 2026, d’une Force de répression des gangs mandatée par l’ONU, la violence reste endémique.
Selon Nathalye Cotrino, chercheuse principale pour les Amériques chez HRW, renvoyer des personnes vers « un pays qui n’a pas la capacité de protéger contre la violence, encore moins d’aider à trouver nourriture et abri » constitue une violation du droit international des droits de l’homme, qui interdit tout renvoi vers un pays où la vie ou l’intégrité physique serait menacée.
HRW recommande au Sénat américain d’adopter rapidement la législation déjà approuvée par la Chambre, qui prolongerait le TPS pour les Haïtiens jusqu’en 2029. L’organisation demande également la tenue d’audiences publiques de surveillance sur les détentions et expulsions, la publication de données relatives aux procédures d’immigration, et la mise en place d’un plan national haïtien d’accueil, soutenu par l’ONU et les donateurs, incluant hébergement, transport sûr, nourriture et assistance psychosociale.
Source : AlterPresse
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