Lors d'une session du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU), ce mercredi 20 novembre, Haïti est revenue sur le devant de la scène, mettant en lumière une crise sécuritaire et humanitaire d'une ampleur alarmante. La France, appuyant les demandes des Etats-Unis et de l'Equateur, a demandé une évaluation approfondie de la possibilité de transformer la Mission de soutien de sécurité en Haïti (MMSS) en une opération de maintien de la paix. Cette initiative, demandée par le gouvernement haïtien, vise à rétablir la sécurité et la stabilité politique dans un pays au bord de l'effondrement.
Le représentant de la Guyane a exprimé sa préoccupation face à l'intensification de la violence en Haïti. Il a dénoncé une vague d'attaques récentes qui ont entraîné des meurtres "insensés" et isolé le pays en termes de transport maritime et aérien, suite à la suspension de nombreuses opérations de transport. Ces déclarations ont été corroborées par le Secrétaire général adjoint de l'ONU, Miroslav Jenča, qui a indiqué que plusieurs avions avaient été touchés par des tirs en Haïti, soulignant l'insécurité persistante qui paralyse le pays.
Le représentant haïtien, Antonio Rodrigue, a exhorté les membres du Conseil à répondre favorablement à la demande de son gouvernement. Selon lui, une mission de maintien de la paix fournirait le cadre nécessaire au désarmement des groupes armés, au rétablissement de l'État de droit et à la reconstruction de la police nationale d’Haïti (PNH). Il a également souligné l'importance d'un tel déploiement pour envoyer un message clair aux fauteurs de troubles : la communauté internationale s'est engagée à soutenir le peuple haïtien dans sa quête de sécurité et de justice.
Le Canada, par la voix de son représentant Bob Rae, a insisté sur l'urgence de la situation : "Le temps n'est pas notre allié", a-t-il déclaré. Il a également appelé à des sanctions ciblées contre les individus et les entités qui soutiennent les gangs et alimentent la violence.
Des voix régionales se sont également fait entendre. Le représentant de la République dominicaine a qualifié la situation haïtienne de "calamiteuse", soulignant qu'elle représente une menace constante pour la République dominicaine et la région. Le représentant de la Grenade, s'exprimant au nom de la CARICOM, a reconnu les limites actuelles de la MMSS et a souligné la nécessité de passer à une mission de maintien de la paix pour garantir des élections libres et équitables.
Le Mexique, pour sa part, a exprimé sa gratitude envers des pays tels que le Kenya, les Bahamas, la Jamaïque et le Belize, qui ont fourni des troupes à la MSSMH. Leur courage et leur dévouement ont été salués comme un pilier de la sécurité pour Haïti.
Une lueur d'espoir ?
Si l'urgence d'une intervention robuste est unanimement reconnue, le consensus au sein du Conseil reste fragile. Néanmoins, les appels urgents lancés par les représentants haïtiens et leurs alliés soulignent la détermination internationale à ne pas abandonner le pays à son sort. Comme l'a résumé l'ambassadeur de la Grenade : "Haïti mérite un nouveau chapitre d'espoir. L'inaction n'est pas une option. "
La communauté internationale se trouve aujourd'hui à un tournant décisif. La transformation de la MMSS en mission de maintien de la paix pourrait marquer le début d'un tournant pour Haïti, mais cela nécessitera un engagement résolu et durable de la part des Nations Unies et de ses partenaires.
Source Photo: JDD