Le CAHDOA a exprimé son soutien à la tenue des prochaines élections tout en appelant le Conseil électoral provisoire (CEP) à revoir certaines dispositions du décret électoral publié le 2 juin 2026. Selon Raphaël André, conseiller politique du collectif et candidat au Sénat dans le Sud‑Est, la précipitation pourrait compromettre la crédibilité du processus.
Dispositions contestées
Le collectif a signalé au CEP plusieurs articles jugés problématiques, dont l’article 153, alinéa 26, qui impose aux candidats la présentation d’un certificat médical. Le CAHDOA estime que cette exigence entre en conflit avec la Constitution, invoquant la hiérarchie des normes pour justifier une révision.
Référendum et avenir du Sénat
Un autre point soulevé concerne les répercussions d’un éventuel référendum sur le calendrier électoral. Si le référendum devait modifier l’architecture institutionnelle, notamment en supprimant le Sénat, la tenue d’une élection sénatoriale parallèle pourrait perdre tout sens. Le CAHDOA demande donc que ces relations soient clarifiées avant de poursuivre les préparatifs.
Le collectif insiste sur la nécessité d’un cadre électoral inclusif, juridiquement cohérent et sécurisé. Il rappelle que l’absence prolongée d’élus à plusieurs niveaux affaiblit la légitimité des institutions et que le renouvellement doit se faire par le vote.
Sécurité du scrutin
La violence des groupes armés, particulièrement dans certaines régions, représente selon le CAHDOA le principal obstacle à un vote libre. Raphaël André souligne que la responsabilité de garantir la sécurité incombe avant tout à l’exécutif, tandis que le CEP doit se concentrer sur l’organisation du scrutin. Le collectif propose la création d’espaces sécurisés où les électeurs peuvent exercer leurs droits sans crainte.
Au-delà de la sécurité, le CAHDOA attire l’attention sur les causes profondes de la violence, notamment la présence d’adolescents dans les milices, la pauvreté, le chômage et la faiblesse des institutions. Il plaide pour une stratégie nationale de sécurité accompagnée de politiques sociales visant à offrir des alternatives aux jeunes.
Enfin, le collectif rappelle que les élections seules ne résoudront pas la crise haïtienne. Il appelle les futurs dirigeants à mettre en œuvre des réformes économiques axées sur la création d’emplois, le renforcement de la production nationale et une politique monétaire adaptée.
Le CAHDOA conclut en invitant le gouvernement, le CEP, les partis politiques et les autres parties prenantes à un dialogue constructif afin d’ajuster le décret, d’assurer la sécurité du scrutin et de garantir la légitimité des résultats.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info