Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Frantz Monclair, a déféré au cabinet d'instruction, le lundi 14 avril 2025, le dossier impliquant dix personnes, dont trois ex-hauts fonctionnaires de l’État : l’ex-député de Petite-Rivière de l'Artibonite, Prophane Victor, l’ancienne directrice du SNGRS, Magalie Habitant, et l’ex-directeur général de la CAS, Elionor Devallon, tous soupçonnés d’entretenir des liens avec des groupes armés.
À la suite de leur deuxième présentation au parquet de Port-au-Prince pour être auditionnés, Magalie Habitant, Prophane Victor, Elionor Devallon ainsi que sept autres individus ont vu leur dossier transféré au cabinet d’instruction par le commissaire du gouvernement près du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Frantz Monclair.
Il convient de souligner que l’ex-directrice du Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS), Magalie Habitant, Prophane Victor, ex-député de Petite-Rivière de l’Artibonite, et Elionor Devallon, ex-directeur général de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS), ont tous été appréhendés au mois de janvier dernier. Par ailleurs, deux policiers affectés à la sécurité de l’ex-DG de la CAS, Elionor Devallon, ont également été interpellés avec lui.
Parallèlement, trois autres individus appréhendés au domicile de l’ex-parlementaire — Monier Evens, Glaude Jacquelin et Felix Peterson — ont été libérés par le commissaire du gouvernement, faute de preuves. Selon la DCPJ, leur arrestation n’était que circonstancielle.
D’autre part, dans une vidéo diffusée par Radio Télé Ginen, Me Arnel Rémy, avocat du DG de la CAS, a critiqué la procédure, pointant du doigt la DCPJ, suite à la présentation d’un rapport de 43 pages, qui selon lui, ne contient aucun indice probant concernant son client, accusé d’être de connivence avec l’organisation criminelle « Viv Ansanm », tout en affirmant que ce dernier est innocent.
Plus loin, l’homme de loi a rejeté d’un revers de main les accusations d’affiliation de son client à des groupes criminels.
Le transfert vers le cabinet d’instruction marque une nouvelle étape dans ce dossier, à un moment où les actes d’insécurité connaissent une recrudescence inquiétante, les gangs armés pillant, violant et tuant, ce qui occasionne le déplacement de milliers de personnes craignant les représailles des malfrats.