Le rapport final présenté par le Groupe d’experts de l’Organisation des Nations unies sur la situation en Haïti décrit des liens présumés entre deux anciens responsables politiques et des organisations armées. Les faits présentés couvrent une période s’étalant de 2016 à 2025 et détaillent des activités criminelles, des enlèvements, des meurtres et des tentatives de sabotage d’infrastructures.
Alfrédo Junior Antoine, ancien député de Kenscoff
Selon le document, Alfrédo Junior Antoine aurait, dès 2016, fourni armes et soutien logistique à des groupes de jeunes de la région de Kenscoff, qui se seraient ensuite transformés en gangs ou se seraient ralliés à des structures déjà existantes. Le rapport le désigne comme l’un des commanditaires de l’attaque du 27 janvier 2025 à Kenscoff, qui aurait fait plus de cent victimes, incluant des viols et des incendies d’habitations. Antoine aurait également utilisé ces réseaux pour intimider des opposants politiques, organiser des enlèvements et s’approprier illégalement des biens. Après une arrestation en avril 2025 pour complot contre la sûreté de l’État, financement d’organisations criminelles et complicité de meurtre, il a été remis en liberté en mai 2025.
Senateur Nenel Cassy, ancien représentant des Nippes
Le même rapport attribue à Nenel Cassy la direction du groupe criminel « BLTS », actif à Miragoâne, ainsi que la création du groupe violent « Fantome 509 » en 2018. Ces organisations seraient impliquées dans des détentions illégales d’armes, des meurtres, des enlèvements contre rançon, des viols collectifs et des attaques contre des infrastructures publiques, dont des aéroports de Port‑au‑Prince, des Cayes et du Cap‑Haïtien. Cassy aurait également participé à une tentative d’enlèvement suivie d’assassinat d’un diplomate haïtien en février 2021 et aurait fourni des armes à des gangs de Gressier en 2018.
Libéré le 19 août 2025 après une courte détention, Cassy fait l’objet de critiques de la société civile qui dénoncent une impunité persistante. Le rapport indique que les deux hommes ont nié les accusations par courrier électronique, mais aucune réponse officielle n’a été reçue au moment de la rédaction.
Source : AlterPresse
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