Le 24 juillet 2026, le groupe d’experts mandaté par l’ONU a présenté son rapport final sur la situation sécuritaire d’Haïti. Transmis au Comité du Conseil de sécurité le 3 septembre 2026, le document recense 48 personnes identifiées comme jouant un rôle dans l’escalade de la violence, qu’elles soient issues du secteur politique, économique ou du milieu armé.
Des responsables politiques sous le feu des accusations
Parmi les noms cités figurent d’anciens parlementaires et hauts fonctionnaires. Un ancien député de Kenscoff, par exemple, est pointé du doigt pour avoir armé des groupes de jeunes dès 2016, des groupes qui se sont ensuite transformés en gangs. D’autres, comme un ancien responsable de l’unité de sécurité du Palais national, sont sanctionnés pour leur soutien présumé à des milices. Le rapport mentionne également un ancien sénateur du Nord, décrit comme un acteur majeur du commerce illicite d’anguilles et de civelles, avec des liens supposés à des réseaux de fraude fiscale et de contrebande.
Chefs de gangs et réseaux criminels
Le document identifie plusieurs chefs de gangs, dont le leader de Ti Bwa à Carrefour, connu pour des pratiques de punition violentes, et le chef du gang Chen Mechan à Croix‑des‑Bouquets, impliqué dans des affrontements dans la plaine du Cul‑de‑Sac. D’autres figures, comme le chef du gang Gran Grif dans le Bas‑Artibonite, sont sanctionnées par l’ONU pour leurs activités armées. Le rapport souligne également la présence de membres de groupes criminels transnationaux, notamment un dirigeant du groupe colombien Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada, lié à une saisie de plus d’une tonne de cocaïne au large de l’île de la Tortue en juillet 2025.
Armes, trafics et blanchiment
Plusieurs individus sont accusés d’avoir participé à des réseaux de trafic d’armes, avec des achats de dizaines d’armes aux États‑Unis et leur expédition vers Haïti. Certains ont été arrêtés en République dominicaine ou aux États‑Unis, puis extradés. Le rapport indique aussi des transferts financiers douteux, notamment via des comptes bancaires dominicains, et des opérations de blanchiment impliquant des intermédiaires proches de responsables politiques.
En synthèse, le rapport de l’ONU dresse un tableau complexe où les frontières entre pouvoir officiel, intérêts économiques et activités criminelles se brouillent, alimentant une insécurité persistante qui pèse sur la population haïtienne.
Source : AlterPresse
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