Le groupe d’experts mandaté par les Nations unies a publié, le 8 septembre 2026, un rapport détaillant les liens entre réseaux criminels, milieux politiques et activités de contrebande qui alimentent la crise sécuritaire en Haïti. Environ cinquante personnalités, issues de la sphère politique, économique et de groupes armés, sont pointées du doigt pour leur rôle présumé dans le trafic d’armes, de drogues et la facilitation de la violence.
Réactions des acteurs de la société civile
Des voix influentes, dont Me Annibal Coffy, avocat et universitaire, ont dénoncé l’absence d’enquêtes officielles depuis la diffusion du rapport. Selon lui, la justice haïtienne reste passive, ce qui « met en péril la société » et constitue une « honte nationale ». Il a souligné que les personnes mentionnées dans le document ne semblent pas faire l’objet d’une quelconque procédure judiciaire, appelant à une prise de conscience collective et à une réforme profonde du système judiciaire.
Alermy Piervilus, secrétaire exécutif de la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH), a rappelé que les accusations sont graves et exigent une réponse immédiate des autorités. Il a demandé la convocation des personnes concernées afin de vérifier les faits et de garantir le respect du cadre légal.
Édouard Paultre, porte-parole d’Ensemble contre la corruption (ECC), a qualifié la situation d’« effondrement », dénonçant l’impunité persistante et la législation qu’il juge favorable aux responsables. Il a critiqué les décrets récents, dont ceux relatifs à la Haute Cour de justice et à la diffamation, qu’il estime renforcer l’impunité.
Critiques sur la portée du rapport
Le docteur Josué Renaud, directeur exécutif de la New England Human Rights Organization (NEHRO), estime que le nombre de noms cités reste insuffisant. Il suggère d’inclure davantage de responsables publics, notamment des membres de la Police nationale, des Forces armées et du secteur privé, afin de refléter l’ampleur réelle du phénomène.
Le rapport, rendu public un mois après sa rédaction, appelle explicitement les institutions haïtiennes à examiner les informations présentées et à établir les responsabilités éventuelles. La communauté internationale et les organisations locales attendent désormais des actions concrètes, sous peine de voir la crise sécuritaire se consolider davantage.
Source : AlterPresse
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