Un rapport publié le 17 août 2026 par le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) met en lumière des défaillances majeures du système pénal sur l’île de La Gonâve. Selon l’organisme, la chaîne judiciaire fonctionne au gré des décisions des policiers et des juges de paix, laissant les habitants exposés à des pratiques arbitraires.
Violences et exécutions sommaires
Le document recense plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires depuis 2024, dont le décès de personnes identifiées comme Angelo Adonis, Félix Joseph et Adriano Fuse Aimé, tuées par des agents de la Police nationale. Des témoignages font état de détenus sévèrement battus dans les postes de police de Pointe‑à‑Raquette et de l’Anse‑à‑Galets, certains transportés à l’hôpital avec des blessures graves, voire décédés.
Le Rnddh réclame l’intervention de l’Inspection générale de la Police nationale (IgPnh) pour enquêter sur ces faits et propose le transfert des dossiers vers la justice afin d’assurer une procédure impartiale.
Impunité et corruption
Le rapport souligne également que des personnes accusées de viol, y compris sur mineurs, sont régulièrement libérées après le versement de pots‑de‑vin. Des membres présumés du gang dirigé par Johnson André alias Izo auraient été arrêtés puis relâchés dans les mêmes conditions, illustrant une culture d’impunité.
Extorsion et manque de moyens
Des conducteurs de véhicules, notamment des motocyclistes, sont contraints de payer entre 1 500 et 2 500 gourdes aux policiers de l’Anse‑à‑Galets pour éviter des sanctions. Le Rnddh attribue ces pratiques à l’insuffisance d’équipements : les commissariats et tribunaux de paix sont décrits comme « désertés », avec un personnel judiciaire et policier limité et peu de moyens de déplacement. Seules trois motos seraient disponibles pour les agents de l’Anse‑à‑Galets.
Le tribunal de première instance, créé le 2 septembre 2024, reste inopérant, aggravant la situation judiciaire.
Recommandations
Le réseau exhorte le Conseil supérieur de la Police nationale (Cspn) et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj) à émettre des directives formelles, à certifier le personnel des tribunaux de paix et à fournir le matériel nécessaire aux postes de police. Il demande également la mise en service du tribunal de première instance dès le premier lundi d’octobre 2026.
Source : AlterPresse
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