Le Réseau haïtien des journalistes anti‑corruption (RHAJAC) a exprimé, le 26 septembre, son inquiétude face à la forte dépendance de l’État haïtien aux sociétés privées qui assurent l’importation et la distribution du carburant. Parmi les acteurs cités figurent DINASA, Sol Haïti, Bandari Corporation, CapInvest, Kimazou et DNC.
Des prix officiels maintenus par des compensations
Le prix affiché à la pompe pour la gazoline est de 700 gourdes le gallon (environ 3,8 litres) et celui du diesel de 770 gourdes le gallon. Selon le RHAJAC, aucune taxe n’est prélevée sur la gazoline, tandis que l’État compense chaque gallon de diesel à hauteur de 20 gourdes. Ces versements, selon le réseau, créent une dépendance financière vis‑à‑vis des importateurs et exposent le pays à des risques d’interruption si les paiements tardent.
Accès aux devises et transparence
Le RHAJAC souligne que l’importation directe par l’État nécessiterait des réserves de devises suffisantes, notamment en dollars américains. Il demande au ministère de l’Économie et des Finances (MEF) ainsi qu’à la Banque de la République d’Haïti (BRH) de publier les montants alloués aux importations de carburant et de mettre en place un suivi détaillé de leur utilisation.
Vers une concurrence accrue
Pour rompre la concentration du marché, le réseau propose le lancement d’appels d’offres internationaux transparents et la diversification des fournisseurs. Il suggère également la création d’une réserve stratégique de carburant afin de pallier d’éventuelles ruptures d’approvisionnement.
Enfin, le RHAJAC réclame une réforme progressive du mécanisme de subvention, en priorisant les transports publics et les ménages les plus vulnérables, et invite le MEF et la BRH à rendre publiques les dépenses réelles liées aux subventions.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info