L'archevêque Paul Coakley, à la tête de la Conférence des évêques catholiques des États‑Unis (USCCB), a adressé une lettre au président Donald Trump pour demander la suspension immédiate des expulsions massives de ressortissants haïtiens. Cette requête intervient après l’expiration du statut de protection temporaire (TPS) qui permettait à de nombreux Haïtiens de résider légalement aux États‑Unis.
Dans son courrier, Mgr Coakley exprime une « profonde préoccupation pastorale » face à l’augmentation du nombre de rapatriements forcés. Il souligne que le retour de milliers de personnes vers Haïti se fait alors que le pays est en proie à une insécurité aiguë, sans infrastructures suffisantes pour assurer un accueil sécurisé et une réintégration ordonnée.
Violence persistante à Kenscoff
L’évêque rappelle notamment l’attaque meurtrière qui a secoué la commune de Kenscoff, à l’est de Port‑au‑Prince, en août dernier. Selon les autorités haïtiennes, au moins 47 personnes ont perdu la vie, plus de 20 ont été blessées et plus de 50 enlevées dans ce qui a été qualifié d’acte « inconcevable ». Cette tragédie illustre la gravité de la situation sécuritaire qui rend les retours massifs particulièrement risqués.
« Je vous implore d’éviter de mettre davantage en danger des vies innocentes en cessant la déportation d’un grand nombre de personnes vers Haïti, surtout en l’absence d’un système adéquat pour assurer leur accueil et leur réintégration de manière sûre et ordonnée », a déclaré Mgr Coakley.
La demande de l'USCCB s’inscrit dans un contexte où les organisations humanitaires et les autorités haïtiennes appellent à des mesures de protection renforcées. Le gouvernement américain n’a pas encore répondu officiellement à la lettre, mais la pression exercée par la communauté catholique américaine pourrait influencer les décisions futures concernant le TPS et les politiques migratoires.
Source : AlterPresse
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