À l'approche des élections prévues le 13 décembre 2026, trois organisations politiques – Rasin kan pèp la, Alternative socialiste (Aso) et Effort et solidarité pour construire une alternative nationale populaire (Eskanp) – ont exprimé, dans une lettre ouverte du 19 août, leurs réserves quant à la rapidité du processus électoral.
Des exigences de sécurité non satisfaites
Les groupes soulignent que le Conseil électoral provisoire (CEP) a récemment convoqué, avec moins de vingt‑quatre heures de préavis, les responsables des partis agréés à une réunion sur l’attribution des numéros de campagne. Selon eux, cette initiative illustre une « précipitation systématique » qui persiste depuis le décret du 2 juin.
Le CEP avait déjà reconnu, dans un communiqué du 27 juillet, que la reconquête des territoires contrôlés par les gangs armés était indispensable au respect du calendrier électoral. Or, les organisations constatent que de nombreuses zones, notamment celles à forte densité électorale, restent sous l’emprise de groupes armés, et que de nouveaux espaces tombent chaque jour sous leur contrôle.
Face à ce constat, Rasin kan pèp la, Aso et Eskanp avertissent que poursuivre les préparatifs sans amélioration substantielle de la sécurité pourrait éroder davantage la confiance du peuple haïtien dans le processus démocratique.
Appel à un scrutin crédible
Les trois formations ne s’opposent pas à la tenue d’élections, mais insistent sur la nécessité d’un scrutin garantissant intégrité, transparence, impartialité et protection des électeurs. Elles dénoncent également l’idée, selon elles, du CEP et du gouvernement de facto d’introduire une consultation populaire sur une éventuelle révision constitutionnelle, jugeant que cela risquerait d’accentuer la méfiance populaire.
En parallèle, le CEP a ouvert, le 20 août, la période d’inscription des candidats et publié la liste des 105 structures politiques retenues, ainsi que leurs numéros de campagne, affirmant son engagement à conduire le processus de façon inclusive et impartiale.
L’Organisation des États américains, représentée par son secrétaire général Albert Ramdin, a appelé à des « progrès visibles » en matière de sécurité et a soutenu le renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs auprès de l’ONU, tout en rappelant que cela ne suffira pas à résoudre la crise sécuritaire.
Les partis politiques demandent donc au CEP de réévaluer son approche, de placer la consolidation de la sécurité et de la confiance au cœur du calendrier électoral, afin de garantir une participation libre et sécurisée des Haïtiens.
Source : AlterPresse
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