Lors de la journée du 28 septembre dédiée à la dépénalisation de l’avortement, la Dre Melissa Jean, gynécologue, a détaillé les conséquences sanitaires des interruptions de grossesse effectuées dans des conditions non sécurisées. Elle a souligné que ces pratiques peuvent entraîner des hémorragies sévères, des avortements incomplets, voire des perforations utérines nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence.
Complications médicales observées
Dans les établissements publics et universitaires, les équipes soignantes rencontrent régulièrement des patientes présentant des rétentions de produits de conception, des saignements abondants ou des lésions de l’utérus. À long terme, ces traumatismes peuvent provoquer des cycles menstruels irréguliers, des saignements excessifs et des difficultés à concevoir.
Impact psychologique
La sociologue et militante féministe Danièle Magloire, dirigeante de Kay Fanm, a rappelé que l’expérience d’un avortement non sécurisé peut générer un stress psychologique important, voire des épisodes de dépression, surtout lorsqu’il n’est pas accompagné d’un soutien adéquat.
Les deux intervenantes insistent sur le fait que l’avortement ne doit pas être considéré comme une méthode de contraception. Elles plaident pour une meilleure diffusion d’informations sur la santé reproductive, l’accès à des moyens contraceptifs fiables et une éducation sexuelle adaptée aux jeunes.
Selon l’enquête nationale sur la mortalité, la morbidité et l’utilisation des services de santé (EMMUS‑VI) de 2016‑2017, 4 % des femmes de 15 à 49 ans ont déclaré avoir eu recours à un avortement au moins une fois, dont plus d’un tiers ont signalé des complications. Bien que ces données soient anciennes, elles illustrent la persistance du problème.
Face à ces constats, la Dre Jean recommande que toute femme souhaitant interrompre une grossesse soit orientée vers un professionnel de santé qualifié, afin de garantir un suivi médical approprié et d’éviter les risques liés aux pratiques clandestines.
Source : AlterPresse
AlterPresse