Les instances des Nations Unies en Haïti ont exprimé une préoccupation croissante face à la situation des enfants membres de gangs. En coordination avec le gouvernement haïtien, elles élaborent un dispositif visant à libérer, enregistrer et réinsérer ces mineurs avant le déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG).
Statistiques et constats du Conseil de sécurité
Lors de la dernière séance du Conseil de sécurité, Vanessa Frazer, représentante du Secrétaire général pour les enfants en conflits armés, a souligné que de nombreux enfants sont détenus depuis jusqu’à huit ans sans jugement. Les données onusiennes indiquent qu’un enfant sur deux impliqué dans un gang est mineur, soulignant l’ampleur du phénomène.
Défis du système carcéral
Le Collectif défenseur Plus signale que la majorité des mineurs incarcérés se trouvent en détention préventive prolongée. Le centre de rééducation Cermicol, initialement dédié aux jeunes en conflit avec la loi, accueille aujourd’hui plus de 700 détenus, dont plus de 500 adultes, suite à la destruction de plusieurs prisons par les gangs. Certains mineurs ont même dépassé l’âge légal de la majorité tout en restant incarcérés, en raison de l’absence de juges et du dysfonctionnement des tribunaux pour enfants.
Programme de réinsertion de l’IBESR
L’Institut du Bien‑Être Social et de Recherche (IBESR), en partenariat avec la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), prend en charge les enfants appréhendés. Depuis 2023, une centaine de jeunes ont bénéficié du programme et ont été réintégrés auprès de leurs parents ou proches. L’IBESR a également formé des familles d’accueil et prévoit la construction d’un centre d’accueil dans le sud capable d’accueillir 600 enfants.
Feuille de route nationale soutenue par le BINUH
Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a souligné, dans son dernier rapport, l’importance d’approches intégrées tenant compte des besoins spécifiques des enfants. En mai 2026, la CNDDR, avec le soutien du BINUH, a présenté aux diplomates une feuille de route axée sur un désengagement progressif, la réinsertion et la réintégration des jeunes associés aux gangs, notamment via des initiatives de proximité.
Malgré ces avancées, les obstacles judiciaires et la surpopulation carcérale demeurent des freins majeurs. Les autorités onusiennes et haïtiennes insistent sur la nécessité d’accélérer les réformes pour garantir la protection et la dignité des enfants affectés par la violence des gangs.
Source : Radio Métropole
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