alaminuteinfo.com
6 octobre 2026Version complète du site
Version complète
SÉCURITÉ3 min de lecture

L’UNESCO dénonce le meurtre du journaliste communautaire Joseph Willard Vancol à Gressier

L’UNESCO condamne le meurtre du journaliste et enseignant Joseph Willard Vancol, enlevé en août 2026 à Gressier, et appelle à une enquête approfondie.

Par

Le directeur général de l’UNESCO, Khaled El‑Enany, a exprimé, le 29 septembre 2026, sa ferme condamnation du meurtre de Joseph Willard Vancol, journaliste et enseignant haïtien. Il a rappelé l’importance des médias communautaires pour l’accès à l’information, notamment dans les zones défavorisées, et a exigé des autorités haïtiennes une enquête exhaustive ainsi que la poursuite des responsables.

Un professionnel engagé dans la radio communautaire

Joseph Willard Vancol dirigeait la station Ti Boukan FM, où il animait les émissions « Pawòl chanjman » et « Òganize ». En parallèle, il coordonnait le centre de formation de l’Institut de technologie et d’animation (Iteca) à Ti Boukan, dans la commune de Gressier. Son engagement s’étendait également à la création et à l’animation de la radio Vwa Klodi Mizo (Vkm) aux Cayes, renforçant le rôle éducatif des ondes locales.

Le 20 août 2026, Vancol a été enlevé lors d’une attaque armée du centre de formation de l’Iteca. Deux autres membres du personnel étaient présents ; l’un a été blessé, tandis que Vancol a été emporté par les assaillants. Une mission de l’Iteca, accompagnée de la police, a fouillé les lieux les 8 et 9 septembre. Les restes de Vancol ont été découverts le 9 septembre dans une zone forestière à l’intérieur de la propriété de l’institution.

Réactions des organisations locales

L’Association des journalistes haïtiens de l’étranger (Ajhe) a rendu hommage à Vancol, le qualifiant d’homme de conviction et d’intégrité. L’association a souligné son rôle de longue date dans l’éducation populaire, l’animation communautaire et le développement local, tout en appelant les autorités à assumer leurs responsabilités face aux violences qui ciblent les acteurs de la société civile.

Le meurtre s’inscrit dans une vague de violences à Gressier. Entre le 17 et le 21 août 2026, plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées et plusieurs centaines déplacées lors d’attaques de gangs dans les quartiers de Jasmin, Monachandèl, Ti Boukan et Nan Kolin. La présence de gangs armés, signalée depuis la nuit du 10‑11 mai 2024, a conduit la Police nationale d’Haïti à mener plusieurs opérations de démantèlement de cachettes et de reprise d’espaces stratégiques.

L’UNESCO rappelle, dans le cadre de son Plan d’action sur la sécurité des journalistes, son engagement à protéger les professionnels de l’information et à lutter contre l’impunité. Elle a réaffirmé son soutien aux investigations en cours et à la justice pour les victimes.


Source : AlterPresse
AlterPresse

Publié par

Journaliste et contributeur de alaminuteinfo.com.

Voir tous ses articles →

À lire aussi

SÉCURITÉ

Procédure de renvoi engagée contre un militaire des FAd’H après des tirs à Jacmel

SÉCURITÉ

Gros-Morne : la tension persiste après les affrontements du 28 septembre

SÉCURITÉ

Déploiement limité de la Force de répression des gangs : 1 500 soldats sur 5 500 autorisés

SÉCURITÉ

Nouveau formulaire I KAT : le gouvernement renforce le suivi des voyageurs dans les aéroports haïtiens