À l’occasion du bicentenaire de l’ordonnance de 1825, par laquelle la France avait reconnu l’indépendance d’Haïti en échange d’une lourde indemnité, le président Emmanuel Macron a annoncé, ce mercredi, la mise en place d’une commission franco-haïtienne pour étudier l’impact de cette « dette de l’indépendance ».
Cette indemnité, imposée par le roi Charles X, s’élevait à 150 millions de francs-or, une somme que l’État haïtien a été contraint de payer pour « dédommager » les colons français après l’abolition de l’esclavage. Pour y parvenir, Haïti a dû contracter des prêts auprès de banques françaises, creusant une dette qui a freiné son développement pendant des décennies.
Le conseiller président Leslie Voltaire avait révélé suite à sa visite en France en janvier dernier que la restitution de cette dette a été évoquée directement par Emmanuel Macron lors d’une rencontre bilatérale. Si aucun montant n’a encore été défini, la mise en place de cette commission marque une avancée symbolique.
« Nous ne nous attendions pas à cela. C’est le président Macron lui-même qui a proposé de réfléchir à une restitution », avait déclaré M. Voltaire lors de l'une de ses entrevues en France pendant son séjour à Paris.
L’annonce a suscité des réactions partagées. Tandis que certains saluent une reconnaissance historique, d’autres attendent des gestes concrets. Des organisations haïtiennes et internationales estiment que le préjudice économique pourrait s’élever à des dizaines de milliards de dollars.
Dans le communiqué publié par l'Elysée, la commission devra établir des recommandations dans les mois à venir. Ce geste, bien que symbolique, pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre la France et Haïti.