Un rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti, publié le 8 septembre 2026, indique qu’un membre du gang de Brooklyn, dirigé par Gabriel Jean‑Pierre, alias « Ti Gabriel », siège dans la commission municipale récemment créée à Cité‑Soleil, au nord de Port‑au‑Prince. Cette commission a été mise en place le 25 mai 2026, suite à un accord signé le 5 juin 2026 entre les principaux gangs de la zone.
Contexte et enjeux
L’inclusion de ce représentant gangster a intensifié les rivalités, notamment avec le gang de Belekou. Le rapport souligne que ces nominations pourraient servir à consolider le contrôle territorial des groupes armés et à influencer les élections prévues le 13 décembre 2026. Les liens entre « Ti Gabriel » et un ancien député de Cité‑Soleil sont également mentionnés, rappelant des relations politiques de longue date.
Le même document fait état d’une série de violences récentes dans la région. Entre mars et mai 2026, les affrontements dans la plaine du Cul‑de‑Sac ont fait près de 400 morts, dont au moins 68 civils, et ont déplacé 18 000 personnes. Plus largement, entre octobre 2025 et avril 2026, 3 165 personnes ont été tuées et 1 551 blessées à cause d’actes armés à l’échelle nationale.
Le 30 juin, le chef du gang de Belekou a exécuté 17 de ses propres membres ainsi que neuf civils, accusés de collaborer avec le gang de Wharf Jérémie. Ces événements illustrent la volatilité du climat sécuritaire et la difficulté de mettre en œuvre des accords de trêve, même lorsqu’ils sont facilités par des hommes d’affaires locaux.
L’ONU exprime ainsi sa préoccupation face à une possible collusion entre autorités locales et groupes criminels, appelant à une surveillance accrue des institutions publiques afin de garantir la transparence et la légitimité du processus électoral.
Source : AlterPresse
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