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Montréal rend hommage à Willard Vancol, militant assassiné en Haïti

Le 18 octobre 2026, la Maison d’Haïti a accueilli une cérémonie hybride en mémoire du militant révolutionnaire Willard Vancol, rappelant son engagement et le contexte sécuritaire critique de son pays.

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Le dimanche 18 octobre 2026, la communauté haïtienne de Montréal s’est réunie à la Maison d’Haïti pour rendre hommage à Willard Vancol, militant révolutionnaire assassiné un mois plus tôt.

Une cérémonie hybride et symbolique

De 14 h 30 à 17 h 30, les participants ont pu assister à la projection continue de photographies retraçant la vie du camarade, accompagnées de l’exposition « Dressed in power ». La configuration en tables favorisait le recueillement collectif, tandis que la diffusion en direct via Google Meet permettait aux proches restés en Haïti ou ailleurs de suivre le déroulement.

L’ouverture a été marquée par le chant « L’Internationale », symbole de la lutte pour une société sans classes. Malaika Vancol, la fille du défunt, a rappelé l’engagement total de son père pour les causes populaires, soulignant le contexte de son enlèvement le 20 août 2026 dans les locaux de l’Institut de technologie et d’animation (Iteca) à Gressier, suivi de son assassinat.

Les intervenants ont ensuite mis en avant le parcours de Willard Vancol. Michel Thomas l’a comparé à Ikonnikov, personnage du roman de Vassili Grossman, pour illustrer son refus de collaborer à des projets meurtriers. Georges Eddy Lucien a souligné le rôle de Vancol dans la mémoire des luttes populaires, notamment la commémoration du massacre de Marchaterre de 1929 aux Cayes et la création de radios communautaires à Les Cayes et à Gressier.

Pierre Richard, James Darbouze, Samia et Fausler Ulysse ont rappelé l’effort constant de Vancol pour offrir une visibilité aux populations marginalisées, à travers les radios, les organisations paysannes et la bibliothèque de l’Institut pour la promotion du développement de l’éducation et de la culture (Ipdec). Frantz Clairvil a évoqué son action au sein de l’Association nationale des organisations populaires (Anop) dans le Sud‑Grande Anse, où il était considéré comme un fer de lance des revendications sociopolitiques de la fin des années 1980.

Chenet Jean‑Baptiste, responsable de l’Iteca, a décrit la relation avec Vancol comme « radicalité ouverte », mêlant amitié, collaboration et militantisme. Il a affirmé que la quête de justice pour Vancol resterait une priorité pour l’institution.

Au-delà du souvenir individuel, les participants ont rappelé le contexte sécuritaire dramatique en Haïti, où les massacres de Kenscoff, Gressier et de l’Artibonite ont fait près de 300 victimes. L’impossibilité pour de nombreuses familles d’organiser des veillées reflète la terreur quotidienne imposée par les gangs, un climat que Vancol dénonçait déjà.

En réunissant diaspora et familles, la cérémonie a cherché à transformer le deuil en mobilisation, rappelant la conviction de Vancol que seule l’unité des classes opprimées peut renverser l’ordre actuel et restaurer la sécurité.


Source : AlterPresse
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Journaliste et contributeur de alaminuteinfo.com.

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