Le 20 août 2026, des groupes armés ont pénétré le centre de formation de l’Institut de technologie et d’animation (Iteca) à Ti Boukan, dans la commune de Gressier, au sud de Port‑au‑Prince. Au cours de l’assaut, le coordinateur du centre, Joseph Willard Vancol, a été enlevé tandis que deux collègues restaient sur place, l’un d’eux blessé.
Découverte du corps
Une équipe de l’Iteca, accompagnée de la police nationale d’Haïti, a fouillé le site les 8 et 9 septembre. Au matin du 9 septembre, les restes de Vancol ont été localisés dans une zone boisée à l’intérieur de la propriété de l’institution. Le corps était partiellement démembré, la tête étant séparée du reste des tissus. Les autorités ont ensuite transféré les restes à la morgue de Léogâne pour les procédures légales.
Réactions institutionnelles
L’Iteca a publié une note le 9 septembre exprimant une profonde tristesse et rappelant l’engagement de Vancol en faveur des communautés paysannes et des médias communautaires. Le centre, présent à Ti Boukan depuis près de cinquante ans, intervient dans l’éducation populaire, l’agro‑écologie, l’élevage et la distribution d’eau potable, un service essentiel pour de nombreuses familles de Gressier.
La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) a rappelé les plus de quarante ans d’activisme de Vancol dans la défense des droits des couches populaires. D’autres organisations, dont la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh), la Société d’animation et de communication sociale (Saks) et Solidarité ant jèn (Saj)/Veye Yo, ont déjà dénoncé l’enlèvement et exigé des investigations.
Contexte sécuritaire
Les faits s’inscrivent dans une série d’attaques de gangs qui ont fait plus d’une vingtaine de morts et déplacé plusieurs centaines de personnes entre le 17 et le 21 août dans les quartiers de Jasmin, Monachandèl, Ti Boukan et Nan Kolin. Depuis 2024, Gressier subit une forte présence de groupes armés qui ciblent notamment les postes de police. La police nationale a mené, le 7 septembre, des opérations visant à démanteler des cachettes et à reprendre le contrôle de points stratégiques, dont le commissariat et l’église évangélique Béthel.
La mort de Vancol est perçue comme un « coup dur » pour le mouvement paysan et pour les initiatives communautaires de la région, rappelant la fragilité de la sécurité dans plusieurs communes du Grand‑Port‑au‑Prince.
Source : AlterPresse
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