Depuis 2021, la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H), la Brigade de sécurité des aires protégées (BSAP), des mercenaires, des brigadiers et la Force de répression des gangs (FRG) sont mobilisés pour contrer les groupes armés qui bloquent les routes nationales 1, 2 et 3. Malgré cet effort concerté, de nombreux tronçons demeurent inaccessibles, perturbant la circulation entre Port‑au‑Prince et plusieurs départements.
Conséquences économiques d’un axe bloqué
Un tronçon fermé empêche les producteurs agricoles – maïs, haricots, bananes, légumes – d’acheminer leurs récoltes vers les marchés. Les transporteurs, confrontés à des détours ou à des prélèvements imposés, augmentent leurs tarifs, ce qui se répercute sur le prix final payé par les consommateurs. Les commerçantes, garantes du lien entre les zones de production et les centres urbains, doivent absorber les risques liés aux déplacements, parfois au prix d’une perte financière.
Des acteurs multiples, mais une présence durable insuffisante
Chaque force possède des missions, des moyens et des chaînes de commandement différents. La PNH opère avec ses unités régulières et spécialisées, les FAd’H reprennent progressivement un rôle opérationnel, la BSAP intervient dans des initiatives sécuritaires, tandis que la FRG, mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU, agit aux côtés de mercenaires et de contractants privés. Cette diversité ne garantit pas un contrôle continu des corridors après les opérations ponctuelles, laissant la porte ouverte aux reprises par les groupes armés.
Le contrôle routier comme source de pouvoir
Pour les groupes armés, la maîtrise d’un axe routier représente à la fois une position stratégique et une source de revenus grâce aux prélèvements imposés aux transporteurs et aux commerçantes. Tant que ces acteurs décident qui passe, à quelles conditions et à quel coût, l’autorité de l’État reste limitée.
Les crédits alloués à la PNH et aux FAd’H ont fortement augmenté ces dernières années, tout comme les dépenses liées aux équipements, aux véhicules et aux contractants privés. Cependant, le décalage entre les ressources mobilisées et le contrôle effectif des routes demeure le principal obstacle à une sécurisation durable.
À l’approche des élections prévues pour décembre 2026, la sécurisation des principaux axes revêt une importance supplémentaire, car la mobilité des candidats, des électeurs et du matériel électoral dépendra de la capacité de l’État à garantir la libre circulation sur ces corridors.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info