mardi 6 octobre 2026

Organisations haïtiennes exigent la fin du régime de transition et la tenue d’élections dans un climat sécurisé

Des structures religieuses, politiques et citoyennes demandent au gouvernement haïtien de mettre un terme à la transition amorcée après l’assassinat de Jovenel Moïse et d’organiser des scrutins dès que la sécurité le permet.

Organisations haïtiennes exigent la fin du régime de transition et la tenue d'élections dans un climat sécurisé
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Plusieurs organisations haïtiennes, dont la Conférence épiscopale d’Haïti (CÉH) et le parti Organisation du peuple en lutte (Opl), ont réaffirmé la nécessité de clore le processus de transition qui dure depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse. Elles dénoncent une impasse politique alimentée par la concentration du pouvoir entre les mains de quelques dirigeants et par l’incapacité des institutions à garantir la sécurité et les droits fondamentaux.

Appel à un retour à l’ordre constitutionnel

Le porte‑parole de la CÉH a souligné que la transition, qui a déjà dépassé le mandat présidentiel de cinq ans prévu par la Constitution, doit rester une mesure exceptionnelle. Les évêques insistent sur le besoin urgent d’un consensus national pour restaurer la légitimité de l’État et organiser des élections libres.

Le père Marc‑Henry Siméon, intervenant sur l’émission FwoteLide d’AlterRadio, a rappelé que les dirigeants ont l’obligation légale d’assurer la sécurité et de répondre à l’urgence humanitaire. Il a également invité les partenaires internationaux à soutenir un processus électoral transparent et inclusif.

Propositions de l’Opl

Danio Siriac, coordinateur communication de l’Opl, a déclaré que la transition a trop duré et que le pays a besoin d’élus légitimes. Il a toutefois reconnu que les conditions actuelles – insécurité généralisée, routes bloquées et fragmentation politique – rendent difficile l’organisation d’un premier tour prévu initialement le 13 décembre. L’Opl propose un nouveau calendrier élaboré avec le Conseil électoral provisoire, ainsi que la révision du décret électoral jugé inconstitutionnel.

L’Opl insiste sur la capacité de l’État à mobiliser les forces de police, l’armée et les ministères concernés, à condition d’une volonté politique forte. Il exhorte les dirigeants à ne plus dépendre exclusivement de la communauté internationale et à exploiter les ressources nationales pour renforcer les institutions républicaines.

Appel à la prudence du secteur civil

L’Observatoire citoyen pour la démocratie (Ocid) a mis en garde contre une précipitation dans l’amendement du décret électoral, soulignant que cela pourrait fragiliser davantage la confiance du public. Il recommande une concertation large avec tous les acteurs de la société avant toute modification législative.

En résumé, les voix convergentes des institutions religieuses, politiques et de la société civile appellent le gouvernement haïtien à assumer ses responsabilités, à restaurer la sécurité et à préparer des élections crédibles, condition sine qua non d’une sortie durable de la crise actuelle.


Source : AlterPresse
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