Le 20 septembre 2026, le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDdh), Pierre Espérance, a dénoncé ce qu’il considère comme une « honte » pour la justice haïtienne. Son propos fait suite au transfert de 18 personnes détenues en Haïti – Joseph Félix Badio et 17 anciens militaires colombiens – à bord d’un avion militaire américain vers les États‑Unis, où elles devront répondre devant la justice fédérale.
Un contraste frappant entre les juridictions
Aux États‑Unis, le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021, progresse. En mai 2026, un tribunal fédéral de Miami a condamné quatre hommes dans le cadre du complot, et un nouveau procès, celui de Christian Emmanuel Sanon, est prévu le 28 septembre 2026. En Haïti, l’instruction judiciaire n’a toujours pas abouti à un procès. La décision du juge d’instruction Walter Wesser Voltaire, rendue en janvier 2024, a été partiellement annulée par la Cour d’appel de Port‑au‑Prince, qui a exigé des informations complémentaires. Un nouveau juge a été nommé en novembre 2025, mais, selon Espérance, aucune synthèse n’a encore été produite.
Ce retard, selon le défenseur des droits humains, reflète des problèmes structurels d’impunité, de corruption et de lenteur judiciaire. Il rappelle que le RNDdh documente depuis des années des violations graves des droits humains, dont des massacres et des actes de corruption, souvent sans aboutir à des procès.
« La justice joue un rôle extrêmement important dans le climat d’impunité, la corruption et la gangstérisation du pays », a-t-il insisté, ajoutant que la gouvernance et le respect de l’État de droit sont indispensables pour améliorer la sécurité nationale.
Le transfert des détenus haïtiens vers une juridiction étrangère, alors même que le processus judiciaire local reste bloqué, constitue, selon Espérance, un signal inquiétant sur l’état du système judiciaire haïtien.
Source : AlterPresse
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