Dans un contexte de crise aux multiples facettes, le Dr Grégory Beaugé invite les acteurs influents du pays à réévaluer leur rôle dans la conduite des affaires nationales. Selon lui, la situation actuelle ne peut être imputée uniquement aux dirigeants politiques ou aux facteurs externes ; elle résulte également d’une absence de méthode scientifique dans l’élaboration des politiques.
Une expertise sous‑exploité
Le médecin souligne que Haïti possède un vivier de compétences – médecins, ingénieurs, juristes, économistes et chercheurs – capables de contribuer à des décisions éclairées. « Haïti ne manque pas d’intelligence », affirme‑il, tout en rappelant que la raison et les données doivent guider les actions publiques.
Il propose un cycle de gouvernance en cinq étapes : observer, comprendre, analyser, décider, mesurer et corriger. Cette approche, inspirée des pratiques modernes, viserait à garantir que chaque mesure prise soit évaluée et ajustée en fonction des résultats obtenus.
Réduire l’emprise des émotions et des intérêts particuliers
Le Dr Beaugé déplore l’influence excessive des émotions, des convictions personnelles et des intérêts particuliers dans les débats nationaux. Il plaide pour un retour aux faits, où la science, même si elle ne fournit pas toutes les réponses, permet de distinguer les réalités des opinions et d’identifier les solutions réellement efficaces.
Cette responsabilité, selon lui, incombe à toutes les élites – politiques, économiques, professionnelles, universitaires et médiatiques – qui doivent s’interroger sur leur contribution à la construction ou à l’affaiblissement de la nation.
Le rôle central de l’université
Membre du Conseil de l’Université d’État d’Haïti, le Dr Beaugé voit dans l’institution universitaire un levier essentiel pour produire des connaissances, encourager l’esprit critique et améliorer les politiques publiques. Il cite les initiatives menées sous la direction du recteur Dr Predelus et du professeur Pierre Louis, doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques, comme exemples de cette dynamique.
En rappelant la citation d’Albert Einstein – « qui a le privilège du savoir a le devoir d’agir » – il conclut que la reconstruction du pays doit dépasser les infrastructures pour toucher les mentalités et les pratiques de l’action publique.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info