mardi 6 octobre 2026

Plus de 5 700 victimes liées aux gangs en Haïti entre janvier et septembre 2026, selon l’ONU

Le Haut‑Commissaire des Nations unies aux droits humains rapporte 5 700 morts ou blessés, plus de 230 enlèvements et plus de 1 000 viols, tout en soulignant le sous‑armement de la force anti‑gangs.

Plus de 5 700 victimes liées aux gangs en Haïti entre janvier et septembre 2026, selon l’ONU
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Le Haut‑Commissaire des Nations unies aux droits humains, Volker Türk, a présenté les dernières données sur la violence en Haïti lors de la 63e session du Conseil des droits humains à Genève. Selon son exposé, entre le 1er janvier et le 11 septembre 2026, au moins 5 700 personnes ont été tuées ou blessées à la suite d’affrontements avec des groupes armés ou d’opérations menées contre eux.

Bilan des victimes et des crimes sexuels

Outre le nombre de morts et de blessés, le rapport indique que plus de 230 personnes ont été enlevées et que plus de 1 000 femmes et filles ont été victimes de viols au cours de la même période. Ces chiffres illustrent la gravité de la crise sécuritaire qui touche l’ensemble du pays.

Évolution par rapport à 2025

En 2025, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) avait recensé 5 915 décès et 2 708 blessés, soit un total de 8 623 victimes. La chute du nombre de victimes en 2026 représente donc une diminution d’environ la moitié, notamment grâce à une baisse des exécutions sommaires attribuées aux unités de police spécialisées.

Défis de la Force de répression des gangs (FRG)

Volker Türk a rappelé que la FRG, mandatée par le Conseil de sécurité, reste largement sous‑équipée. Il a appelé à un déploiement complet et à la fourniture d’équipements adéquats, ainsi qu’à des garanties strictes en matière de droits humains, avant le renouvellement du mandat prévu le 29 septembre 2026.

Il a également souligné que plus de la moitié des victimes de 2026 ont été touchées lors d’opérations de sécurité, avec des incidents liés à des tirs perdus et à l’usage de drones explosifs.

Conséquences humanitaires

Le climat de terreur empêche l’accès aux écoles, aux hôpitaux et aux services de base. Plus de 50 % de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë, 40 % n’ont pas accès aux soins de santé de base et près de 1,5 million de personnes sont déplacées de force.

Les enfants sont particulièrement vulnérables : entre 30 % et 50 % des membres de gangs sont mineurs, et le recrutement d’enfants a presque triplé en 2025. Le Haut‑Commissaire a dénoncé l’insuffisance des mécanismes de prévention et de réinsertion.

Enfin, il a réitéré la nécessité de couper les flux illicites d’armes à destination d’Haïti et de respecter pleinement l’embargo imposé par le Conseil de sécurité.


Source : AlterPresse
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