Le 29 septembre 2026, le tribunal de district de Miami a ouvert le procès de Christian Emmanuel Sanon, un pasteur résidant en Floride, accusé d’avoir dirigé un complot visant à éliminer le président haïtien Jovenel Moïse. Les procureurs américains le décrivent comme animé par la cupidité et la volonté de pouvoir, et l’accusent d’avoir coordonné l’arrivée d’une équipe armée en Haïti.
Des moyens logistiques révélés
Selon les autorités, San Sanon et plusieurs de ses associés ont voyagé à bord d’un jet privé depuis la Floride, transportant clandestinement des gilets balistiques fournis par une société de sécurité basée à Doral. Ces équipements auraient été destinés à quatre mercenaires colombiens, identifiés comme membres d’une petite unité d’élite.
Les procureurs affirment que le groupe a reçu l’ordre explicite de tuer le président, tout en cherchant le soutien de chefs de milices locales, dont le leader du G9, Jimmy « Barbecue » Chérizier, ainsi que le groupe Fantom 509, composé en partie de policiers mécontents.
Témoignages et premières déclarations
L’ancienne première dame Martine Moïse a été le premier témoin appelé. Elle a décrit l’absence de toute assistance de la sécurité officielle lors de l’assaut, ainsi que la présence d’intrus parlant espagnol et recherchant un document précis. Elle a mentionné les noms de code « Jefe » et « Pipe », ce dernier étant identifié comme Victor Albeiro Pineda Cardona, un ancien soldat colombien de 45 ans.
Pineda, détenu depuis le lendemain de l’attentat, a été transféré en Floride avec seize autres soldats colombiens et un ancien fonctionnaire haïtien, Joseph Félix Badio. Tous ont comparu le 21 septembre 2026, niés les chefs d’accusation et se sont vu refuser la caution.
Défense et perspectives
L’avocat de la défense, Humberto Domínguez, soutient que Sanon n’a jamais participé à l’assassinat et qu’il était simplement intéressé par une candidature présidentielle dans un contexte de crise politique. Le procès, qui implique trente personnes au total, devrait se poursuivre pendant plusieurs semaines, tandis que les autorités haïtiennes continuent d’enquêter sur les flux financiers et les communications liés à l’affaire.
Source : AlterPresse
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