Roger Edmond, connu pour son engagement journalistique au sein de la diaspora haïtienne de Montréal, est décédé le 28 mai 2026 à l’âge de 87 ans. Son parcours, marqué par une longue carrière à l’émission Konbit Flamboyant, s’est enrichi d’une production romanesque qui a laissé une empreinte durable dans la littérature haïtienne.
Du journalisme à la fiction
Après des décennies d’activisme médiatique, Edmond a publié son premier roman, Les chevaux de bois, en 2005. Ce texte inaugure une série d’œuvres où il revisite les thèmes de l’enfance, de la famille et de la vie villageoise, des sujets qu’il développe ensuite dans Les Enfants de la Terre brûlée (2008), Amer Café (2013) et Le Dit de l’aïeul (2023). Son écriture se caractérise par une langue claire et un style ciselé, cherchant à rendre palpable la richesse culturelle d’Haïti.
Un réalisme merveilleux ancré dans la mémoire collective
Les romans d’Edmond s’inscrivent dans la lignée du « réalisme merveilleux » décrit par Jacques Stephen Alexis, mêlant croyances populaires, spiritualité et réalités sociales. En tissant des personnages comme Dieuveut, Pierrot ou Boss Paul, il montre comment les esprits, les saints et les lwa interagissent avec les dynamiques de pouvoir, d’amour et de jalousie. Cette approche crée un tableau complexe où la société haïtienne apparaît à la fois homogène et diversifiée.
Dans Le Dit de l’aïeul, plus autobiographique, la figure maternelle occupe une place centrale, symbolisant la foi et l’espérance qui ont guidé la famille de l’auteur. Le roman évoque également les traumatismes de la dictature de François Duvalier, rappelant que la mémoire historique reste un fil conducteur de son œuvre.
Héritage et influence
Bien qu’il ait débuté tardivement dans la littérature, Edmond se situe parmi les écrivains de l’exil des années 1960, pour qui le souvenir du pays natal constitue le socle de la création. Son engagement pour la justice sociale, visible tant dans ses chroniques que dans ses romans, continue d’inspirer la communauté haïtienne et les lecteurs au-delà des frontières.
Source : AlterPresse
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