Le 10 septembre, l’Organisation mondiale de la santé rappelle l’importance d’identifier les personnes en détresse et de leur offrir un soutien adapté. En Haïti, cette mobilisation intervient alors que la population vit une exposition continue à des violences armées, des enlèvements, des agressions sexuelles et des déplacements forcés.
Des traumatismes qui perdurent
Les victimes d’enlèvement, même libérées, reviennent souvent chez elles avec des cicatrices psychologiques profondes. La peur de la mort, les menaces subies et les conditions de captivité laissent des séquelles qui nécessitent un suivi psychologique à long terme. De même, les survivantes de violences sexuelles, notamment les enfants et les adolescentes, portent des traumatismes qui ne disparaissent pas avec le temps.
Les déplacements forcés, qui ont contraint des centaines de milliers d’Haïtiens à quitter leurs foyers, aggravent l’anxiété et le sentiment d’abandon. Installées dans des conditions précaires, ces personnes font face à une incertitude constante quant à leur avenir, ce qui renforce la détresse mentale.
Un suicide qui interpelle
Le récent suicide d’un jeune Haïtien a relancé le débat sur la santé mentale dans le pays. Ce drame illustre la visibilité limitée des souffrances psychologiques liées à la crise sécuritaire. Au‑delà des pertes physiques, la violence quotidienne engendre une détresse invisible qui reste largement non prise en charge.
Vers une réponse intégrée
Les experts appellent l’État haïtien à intégrer la santé mentale au cœur de sa stratégie de réponse à la crise. Cela implique le renforcement des services de santé mentale, l’augmentation du nombre de psychologues et de psychiatres, ainsi que la mise en place de programmes d’accompagnement durable pour les victimes d’enlèvements, les survivantes de violences sexuelles, les enfants exposés à la violence et les déplacés.
La prévention du suicide repose également sur la capacité de l’entourage à reconnaître les signes de détresse et à orienter les personnes concernées vers une aide professionnelle. Dans un contexte où la peur et la violence sont omniprésentes, écouter et soutenir les personnes en souffrance devient une priorité.
Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info