Le dimanche 20 septembre 2026, un avion militaire américain a transporté 18 personnes incarcérées en Haïti vers les tribunaux des États‑Unis. Parmi elles, Joseph Félix Badio et seize anciens militaires colombiens, tous liés à l’enquête sur le meurtre du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021.
Réactions des acteurs haïtiens
Le Collectif Défenseurs Plus a publié une note qualifiant ce transfert de « aveu de l’incapacité de l’État à exercer sa souveraineté judiciaire ». Selon l’organisation, cinq années sans procès et des blocages politiques, des menaces contre les magistrats et des dysfonctionnements chroniques ont rendu impossible la poursuite du dossier sur le sol haïtien.
Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains, Pierre Espérance, a décrit l’opération comme une « honte pour la justice haïtienne », soulignant l’échec du processus judiciaire national cinq ans après les faits.
Justifications officielles
Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) a rappelé que le transfert s’appuie sur les mécanismes d’extradition entre Haïti et les États‑Unis, visant à établir les faits « à l’abri de toute influence ». Il a demandé aux juges haïtiens de recevoir les dépositions et les pièces recueillies aux États‑Unis afin d’éviter une clôture définitive du dossier.
Le MJSP a également annoncé la publication prochaine de la liste des personnes concernées et du cadre juridique du transfert, ainsi que le renforcement de la protection des magistrats et de la conservation des preuves.
Réactions américaines
Aux États‑Unis, le procureur fédéral Jason Reding Quiñones a salué sur X « une nouvelle étape importante » dans la quête de justice, rappelant que trente suspects ont déjà été inculpés. Le FBI et Homeland Security Investigations ont réaffirmé leur engagement à poursuivre tous les participants au complot, soulignant l’importance d’une coopération internationale.
Le ministère colombien des Affaires étrangères a indiqué qu’il continuera d’assurer une assistance consulaire aux seize ressortissants colombiens transférés.
Contexte judiciaire
Le transfert intervient quelques jours après l’inculpation du suspect Rafael Guerrero et à la veille du procès du pasteur haïtien‑américain Christian Emmanuel Sanon, prévu le 28 septembre 2026. En Haïti, une cinquantaine de personnes avaient été arrêtées depuis le drame de 2021, sans qu’aucun procès n’ait abouti.
Source : AlterPresse
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