mardi 29 septembre 2026

Transfert des anciens militaires colombiens vers les USA : un revers pour la justice haïtienne

L'avocat des ex-militaires colombiens, Marc Antoine Maisonneuve, critique le transfert de ses clients aux États-Unis, le qualifiant d'atteinte à la souveraineté judiciaire d'Haïti, alors que le procès de Christian Emmanuel Sanon s'apprête à débuter à Miami.

Transfert des anciens militaires colombiens vers les USA : un revers pour la justice haïtienne
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Le 21 septembre 2026, Me Marc Antoine Maisonneuve, défenseur des anciens militaires colombiens impliqués dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, a confirmé que ses clients, dont Joseph Félix Badio, ont été remis aux autorités américaines. Selon lui, cette décision intervient alors que la procédure judiciaire était encore en cours devant les juridictions haïtiennes.

Une décision contestée

Pour l’avocat, le transfert constitue une « atteinte à la souveraineté judiciaire » du pays. Il estime que les autorités haïtiennes se sont dessaisies d’une affaire relevant de leur compétence naturelle, privant ainsi la population haïtienne d’un procès attendu depuis le meurtre du président le 7 juillet 2021 à Pétion‑Ville.

Me Maisonneuve souligne que la justice haïtienne, déjà sous pression, voit sa capacité à traiter un dossier d’une telle importance fragilisée. Le déplacement des accusés vers les États-Unis, selon lui, complique davantage l’établissement des responsabilités dans une affaire toujours entourée d’interrogations.

Un contexte judiciaire complexe

Près de cinq ans après l’assassinat, aucun procès n’a encore été ouvert en Haïti. Pendant ce temps, la justice américaine a engagé des poursuites contre plusieurs personnes liées à l’affaire. Le transfert de Badio et des autres anciens militaires intervient quelques jours avant l’ouverture du procès de Christian Emmanuel Sanon à Miami, prévu pour le 28 septembre 2026, considéré comme l’un des principaux accusés.

Les familles des accusés, déjà engagées dans des dépenses importantes pour assurer leur défense en Haïti, redoutent une hausse des frais juridiques aux États-Unis, où la procédure est perçue comme plus coûteuse et plus complexe.

Implications pour la souveraineté judiciaire

Ce mouvement suscite un débat sur la compétence de la justice haïtienne face aux interventions étrangères. Les observateurs soulignent que le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse continue de se dérouler simultanément dans les deux pays, mettant en lumière les tensions entre souveraineté nationale et coopération internationale dans les affaires pénales de haute importance.


Source : Vant Bèf Info
Vant Bèf Info