Le jeudi 6 août 2026, l'Université Quisquiya a accueilli une conférence‑débat intitulée « Secteur privé et gouvernance politique en Haïti : opportunités, possibilités et limites ». Les intervenants, issus du secteur privé, du milieu universitaire et de la société civile, ont convergé vers une même conclusion : l’émergence d’une classe moyenne constitue le socle indispensable d’une sortie de crise pour le pays.
Un plan national articulé autour de trois piliers
Robert Paret Jr., président du Groupe ProFin, a plaidé pour l’élaboration d’un plan national mesurable. Selon lui, la stratégie doit s’appuyer sur trois piliers : la création d’un socle économique solide, la construction d’un « escalier social » permettant la mobilité ascendante, et la protection des acquis obtenus. Il a souligné que seuls 2 % de la population haïtienne appartiennent aujourd’hui à la classe moyenne, un chiffre en décroissance constante.
Le plan doit intégrer des indicateurs clairs afin de suivre les progrès. Paret a insisté sur la nécessité d’une inclusion financière prioritaire : renforcement des institutions bancaires, création d’un fonds de capitalisation, promotion de l’épargne à long terme et amélioration de l’accès au crédit.
Défis structurels et rôle de la diaspora
Le financement public reste limité, la pression fiscale étant parmi les plus faibles au monde. Parallèlement, près de 84 % des diplômés haïtiens vivent et travaillent à l’étranger, privant le pays de recettes fiscales et de capital humain. Paret a proposé de réorienter les transferts de la diaspora vers des projets de croissance plutôt que vers la simple subsistance.
Frédéric Gérald Chéry, économiste et professeur, a rappelé que « il n’y a pas de classe moyenne sans idée ». Il a appelé le secteur éducatif à aligner davantage ses programmes sur les besoins économiques du pays et à renforcer la recherche universitaire pour soutenir la formulation de politiques publiques.
Michèle Oriol, professeure, a souligné que l’ambition de créer une classe moyenne doit s’accompagner de réponses économiques et politiques adaptées, notamment le renforcement des cadres institutionnels et la lutte contre le déficit de compétences dans les secteurs stratégiques.
Richard Coles, entrepreneur, a mis en avant l’importance d’une vision collective claire, intégrant éducation, santé et accès équitable aux services essentiels, tout en insistant sur la nécessité d’une dynamique positive entre le secteur privé et le secteur public.
Appel à une mobilisation nationale
Jacky Lumarque, recteur de l’Université Quisqueya, a conclu en appelant à un pacte national inclusif, à la mobilisation de la diaspora et à la restauration de la sécurité pour permettre à Haïti de retrouver sa place dans les chaînes de valeur mondiales.
Source : AlterPresse
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