vendredi 31 juillet 2026
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A force de faillir, la Digicel creuse sa propre tombe en Haïti

Longtemps symbole de modernité et de connectivité en Haïti, la Digicel semble aujourd’hui prisonnière de ses propres faiblesses. Depuis le début de l’année, la société rouge et blanche, dirigée par Jean Philippe Brun, a connu pas moins de cinq pannes majeures, entamant profondément la confiance de ses abonnés.

La dernière panne en date, attribuée à un endommagement de l’infrastructure de fibre optique sur la Route Nationale #2, a paralysé le service Internet dans tout le Grand Sud. A l’heure où l’accès à Internet est vital pour l’économie, l’éducation et la vie quotidienne, un réseau aussi fragile n’est plus seulement un désagrément, il devient un handicap national.

Mais au-delà des incidents techniques, c’est l’image de Digicel qui s’effrite. Chaque panne imprévue, chaque réaction tardive, chaque silence face aux inquiétudes des utilisateurs, creuse un peu plus la tombe de cette entreprise autrefois inébranlable. Dans un marché qui voit timidement émerger de nouvelles alternatives, Digicel ne peut plus se permettre l’arrogance d’un monopole, ni l’approximation d’une gestion de crise.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si Digicel subira de nouvelles pannes, mais combien de temps ses clients resteront patients. En multipliant les pannes sans réagir par des mesures fortes, la Digicel trahit non seulement sa promesse de fiabilité, mais aussi les espoirs que des millions d’Haïtiens avaient placés en elle.

Il est encore temps pour la compagnie de se remettre sur les rails, de revoir son infrastructure et d’investir massivement dans la maintenance et la résilience du réseau. Mais l’urgence est réelle : Haïti, déjà frappé par tant d’instabilités, ne peut se permettre de voir s’effondrer l’un de ses principaux canaux de communication.

En échouant aussi gravement, Digicel ne porte pas seulement atteinte à sa réputation, elle met aussi en péril une partie de l’avenir numérique d’Haïti.