Depuis le 1er juin 2021, la Route nationale 2, unique liaison terrestre entre Port‑au‑Prince et les départements du Grand Sud, est largement hors d’usage à cause de l’occupation de plusieurs tronçons par des milices. Les zones de Martissant, Carrefour, Mariani et Gressier sont devenues des points de contrôle où les civils doivent négocier leur passage ou payer des sommes importantes.
Impact sur les déplacements quotidiens
Les résidents du Sud, du Sud‑Est, des Nippes et de la Grand’Anse sont contraints d’emprunter des itinéraires détournés, d’utiliser le transport maritime ou de supporter des frais de transport qui dépassent largement leurs moyens. Un témoignage recueilli indique qu’une famille a déboursé près de 100 000 gourdes pour un trajet vers la capitale, en plus des frais de chauffeur.
Conséquences économiques
L’interruption de la RN2 affecte non seulement les personnes, mais aussi le flux de marchandises agricoles et commerciales. Selon l’IHSI, le PIB a reculé de 4,2 % en 2024, le commerce de 8,3 % et le secteur transport‑entreposage de 13,6 %. Le recours au transport maritime, plus cher (500‑700 $ par conteneur contre 150 $ par route avant novembre 2023), alourdit les coûts pour les producteurs et les consommateurs.
Des opérations de la Police nationale d’Haïti ont été annoncées en septembre 2026 à Gressier pour libérer des positions de gangs, mais aucune amélioration durable n’a encore été constatée. Les changements fréquents à la tête du gouvernement, du ministère de l’Intérieur, de la Défense et de la Police n’ont pas permis de rétablir la sécurité sur cet axe crucial.
Alors que le pays se prépare à des élections nationales, la capacité à assurer la libre circulation des candidats, des électeurs et du matériel électoral dépendra de la résolution de ce blocage. La RN2 reste ainsi le symbole d’une autorité étatique qui peine à garantir la mobilité sur une partie stratégique du territoire.
Source : Vant Bèf Info
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