jeudi 5 novembre 2026

Convergence des discours de Bukele et du gouvernement haïtien sur la lutte contre les gangs

Le 3 novembre 2026, le président salvadorien Nayib Bukele et le chef du gouvernement haïtien Alix Didier Fils‑Aimé ont publié des messages qui, selon l'analyste Aly Acacia, visent à légitimer l'intervention salvadorienne dans la lutte contre les groupes armés en Haïti.

Convergence des discours de Bukele et du gouvernement haïtien sur la lutte contre les gangs
Partager cet article

Le 3 novembre 2026, le président du Salvador, Nayib Bukele, a adressé un message en créole à la population haïtienne. Au-delà de la recherche des quatre militaires salvadoriens disparus depuis le 18 octobre, il a élargi son appel à une mobilisation collective contre les gangs armés, évoquant l’histoire de Jean‑Jacques Dessalines et invitant les Haïtiens à participer à cette action.

Le même jour, Alix Didier Fils‑Aimé, chef du gouvernement haïtien, a réaffirmé la responsabilité de l’État dans la conduite des opérations de sécurité, tout en soulignant que les forces étrangères, dont le Salvador, ne viennent pas se substituer à l’État mais le soutenir. Il a rappelé le respect du droit haïtien et des engagements internationaux, insistant sur la protection des civils et la distinction entre les groupes criminels et la population.

Analyse d’Aly Acacia

Invité à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, l’analyste Aly Acacia a souligné la forte convergence entre les deux prises de parole. Selon lui, les messages constituent deux facettes d’une même stratégie visant à faire accepter politiquement la présence salvadorienne, tant auprès du public que des institutions haïtiennes.

Acacia met en garde contre les dérives possibles d’une « chasse aux sorcières », qui pourrait entraîner des exactions contre des civils et même des crimes de guerre. Il insiste sur la nécessité de distinguer clairement les membres des réseaux criminels des habitants, et de garantir le respect des droits humains.

L’analyste rappelle également que l’élimination de chefs de gangs ne suffit pas à démanteler les réseaux. Il appelle à s’attaquer aux mécanismes de financement et à renforcer les institutions nationales, notamment la justice, afin que l’intervention étrangère ne devienne pas un substitut à l’action de l’État haïtien.

Enfin, Acacia évoque la demande de médiation adressée aux Nations unies par un chef de gang, la qualifiant d’indice d’une possible évolution du rapport de force, sans pour autant signifier un abandon de la violence.

Il conclut en appelant les Haïtiens à rester vigilants, à vérifier les informations et à surveiller les intérêts des partenaires étrangers dans le processus de sécurisation du pays.


Source : AlterPresse
AlterPresse