Le deuxième trimestre 2026 a été marqué par une intensification notable des affrontements entre gangs dans plusieurs régions d’Haïti, selon le dernier rapport du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Le bilan national s’élève à 1 408 personnes décédées et 656 blessées, dont une part importante attribuée aux violences entre groupes armés.
Concentration des violences à Port‑au‑Prince
Dans la capitale, les quartiers de la Plaine du Cul‑de‑Sac, de Cité Soleil et du centre‑ville ont connu une recrudescence des combats pour le contrôle territorial et l’accès à des revenus illicites. Ces affrontements ont fait 463 morts et 256 blessés, représentant près d’un tiers des victimes recensées dans la zone de la Plaine du Cul‑de‑Sac.
Le rapport souligne également une forte prévalence des violences sexuelles : 176 cas de viol ont été documentés, portant à 796 le nombre total de victimes de viols liés aux gangs sur l’ensemble du pays durant le trimestre.
Déplacements et expansion des groupes armés
Les violences ont contraint environ 18 000 personnes à se déplacer, notamment dans le département de l’Artibonite où les gangs ont poursuivi leur expansion territoriale en lançant des assauts contre plusieurs localités. Dans le Centre, les groupes armés ont consolidé leur présence à Mirebalais et Saut‑d’Eau.
Les attaques de gangs sont responsables de 55 % du total des personnes tuées ou blessées, tandis que les forces de sécurité, parfois soutenues par des sociétés militaires privées étrangères et l’usage de drones explosifs, sont à l’origine de plus de 40 % des victimes.
Violations des droits humains et recommandations
Le BINUH a recensé 81 cas de kidnappings et 14 cas d’exécutions sommaires ou de tentatives d’exécution impliquant des membres de la Police nationale d’Haïti. Le rapport rappelle que tout recours à la force létale doit respecter le droit international des droits de l’homme, notamment les principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et de non‑discrimination.
Parmi les recommandations, le BINUH insiste sur la mise en œuvre d’un processus de vérification des antécédents des policiers et sur la poursuite judiciaire des agents accusés de violations graves des droits humains.
Source : Radio Métropole
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