Le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (Rehmonco) a publié une plainte officielle dénonçant le manque de volonté du pouvoir haïtien à rétablir la sécurité nationale. Selon le texte, les enlèvements atteignent des niveaux records dans la zone métropolitaine de Port‑au‑Prince depuis le début du mois d’août 2026, sans qu’aucune donnée fiable ne permette de quantifier le nombre quotidien de victimes.
Escalade des enlèvements
Dans un climat où les familles hurlent à l’aide, les gangs continuent d’exercer un contrôle quasi‑total sur plusieurs quartiers, rendant les appels à l’aide des proches des disparus presque inaudibles. Le Rehmonco souligne que, malgré les démarches entreprises auprès des autorités, aucune réponse concrète n’a été apportée aux familles en détresse.
Attaques ciblées à Gressier et Kenskoff
Le 20 août 2026, les membres d’une bande armée ont pris d’assaut le centre de formation de l’Institut de technologie et d’animation (Iteca) à Gressier, dans la zone de Ti Boukan. Les assaillants ont détruit l’ensemble des installations, blessant le gardien qui a dû être hospitalisé. Le coordonnateur du centre, Willard Vancol, ainsi que le directeur de la radio communautaire Ti Boukan, restent introuvables, leurs familles n’ayant reçu aucune information officielle.
Trois jours plus tard, pendant la nuit du 23‑24 août, une autre vague de violence a frappé la ville de Kenskoff. Les témoins rapportent qu’au moins quarante personnes ont été abattues et que plusieurs dizaines d’autres ont été enlevées. Le massacre, loin d’être un incident isolé, s’inscrit dans une série d’assauts perpétrés ces dernières années dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau central.
Face à ces faits, le Rehmonco appelle les forces policières et judiciaires à mobiliser tous les moyens nécessaires pour retrouver Willard Vancol et libérer sans délai les otages, notamment ceux capturés lors du drame de Kenskoff. L’organisation exhorte également le gouvernement d’Alix Didier Fils‑Aimé à mettre fin à ce « faire‑semblant » de politique sécuritaire, qu’elle estime renforcer l’impunité des groupes criminels.
« Exigeons l’arrêt des massacres et la libération immédiate et sans condition de tous les otages », conclut le communiqué du Rehmonco, qui invite la communauté internationale à suivre de près la situation.
Source : AlterPresse
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