L'Académie du Créole Haïtien (AKA) renforce son programme de promotion du créole à l'approche de la journée de la langue créole, prévue le 28 octobre 2026. Dans le cadre du mois dédié à la langue, plusieurs départements organiseront des activités visant à mettre en avant la diversité et la richesse du créole.
Défilé de la créolophonie dans le Sud
Le point d'ancrage de ces manifestations se tiendra dans le département du Sud, où un défilé de la créolophonie rassemblera des représentants de différents pays où le créole est parlé. L'événement a pour ambition de souligner les variations linguistiques entre les créoles antillais, haïtiens et d'autres régions, rappelant que le créole du Cap‑Haïtien diffère de celui du Sud ou de la métropole port‑au‑prince.
Les responsables de l'AKA – Rosilia Corneille (présidente), Samuel Jean Baptiste (secrétaire exécutif) et Pierre Antoine (directeur de la communication) – insistent sur le rôle de l’institution : recueillir les usages populaires plutôt que d’inventer de nouveaux termes. À ce titre, l’académie travaille actuellement à la rédaction d’un document de référence et d’un dictionnaire du créole, projets qui s’inscrivent dans la continuité d’une codification amorcée depuis la réforme Bernard.
Le créole, langue à part entière dotée de 24 lettres et 32 sons, bénéficie depuis la Constitution de 1987 d’une reconnaissance officielle. Ce n’est qu’en 2007 que l'Université d'État d'Haïti, en partenariat avec d’autres acteurs de la défense du créole, a commencé à collaborer étroitement avec l'AKA.
Les responsables précisent que les similarités avec le français ou l'anglais ne constituent pas un obstacle. Par exemple, le mot « table » conserve la même orthographe en anglais et en français, mais le créole en modifie la prononciation et élimine les deux dernières lettres, car le son final n’existe pas dans la langue. Des emprunts existent également, comme « clean » provenant de l’anglais ou « bouské » (du espagnol « buscar ») signifiant « rechercher ».
Malgré ces avancées, l'AKA signale la persistance de préjugés, notamment dans les milieux professionnels et scolaires où certaines directions interdisent l’usage du créole. L’académie souligne toutefois que les réseaux sociaux ont largement contribué à légitimer la langue, les Haïtiens l’utilisant quotidiennement pour exprimer leurs émotions et leurs opinions.
Source : Radio Métropole
Radio Métropole