Le 19 août 2026, le Premier ministre Alix Didier Fils‑Aimé a présidé l’installation du conseil d’administration intérimaire de la Banque de la République d’Haïti (BRH) au Centre de convention Antonio André, à Port‑au‑Prince. Le gouverneur réélu, Ronald Gabriel, a profité de l’occasion pour annoncer une réorientation des actions de la banque centrale, en phase avec les réalités économiques actuelles.
Composition du nouveau conseil
Le conseil intérimaire se compose de Ronald Gabriel (gouverneur), Guerly Leriche (gouverneur adjoint), Florient Jean Mari (directeur général) ainsi que des membres Michèle Delerme et Edwidge Jean. Chacun a reçu une copie de l’acte de nomination signé par le chef du gouvernement.
Axes prioritaires de la politique monétaire
Gabriel a rappelé les trois orientations définies lors de son investiture en octobre 2023 : améliorer l’efficacité des instruments de politique monétaire, renforcer l’influence morale de la banque auprès des acteurs économiques et consolider l’ingénierie institutionnelle. Il a souligné que les progrès réalisés – notamment la rationalisation des procédures décisionnelles, la validation accrue des données économiques et la mise en place d’une vision à moyen terme – constituent le socle d’une nouvelle stratégie visant à soutenir une croissance durable.
Parmi les priorités annoncées figurent une meilleure articulation entre les sphères monétaires et réelles, la réduction des coûts de friction dans l’économie, ainsi qu’une diffusion plus large des statistiques afin de limiter les asymétries d’information. Le gouverneur a également insisté sur la nécessité de politiques publiques capables de corriger les défaillances de marché et de stabiliser le cadre macroéconomique.
Perspectives économiques et défis structurels
Le Premier ministre a salué les avancées de la BRH entre 2023 et 2026, notamment la stabilité du taux de change, le renforcement des réserves nettes estimées à 1,8 milliard de dollars – équivalant à huit mois d’importations – et la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’inclusion financière. Toutefois, il a rappelé les obstacles persistants : la contraction du PIB prévue entre 1,5 % et 1,7 % pour l’exercice 2025‑2026, les tensions géopolitiques, le resserrement des conditions financières mondiales et la crise sécuritaire qui freine les investissements.
Gabriel a appelé à une coopération renforcée avec le ministère de l’Économie et des Finances et le ministère de la Justice et de la Sécurité publique pour prolonger le programme de référence avec le FMI et intensifier la lutte contre le blanchiment d’argent.
Source : AlterPresse
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